Des greniers communautaires pour lutter contre la crise alimentaire

Une campagne qui promet

Arra est un village centenaire. Ses habitants regroupés dans 92 ménages tirent essentiellement leurs ressources de l’Agriculture. Au mois d’août, la campagne agricole semble prometteuse. « Cette année, il a plu assez régulièrement et les hauteurs de pluies sont bien plus importantes que celles de l’année dernière », informe Blaise NARMADJI, un agent d’Agriculture travaillant pour le SECADEV. Cette bonne pluviométrie a motivé les agriculteurs qui se sont investis à fond dans les activités culturales. Les parcelles de mil pointent vers le ciel de robustes épis essaimés de grains, et celles d’arachide sont toutes en fleures.

Le village a l’allure d’une vaste broussaille verte puisque les champs de case dissimulent les toits des maisons. Mais cette bonne tenue des cultures cachent très mal les traces de la sécheresse de 2011. Les haies qui délimitent les concessions familiales, d’ordinaire construites sont plutôt faites de branches d’arbres épineux à défaut des tiges devenues introuvables à cause de la mauvaise campagne agricole de 2011. Les conséquences de cette contre-performance agricole ne se limitent pas à la rareté des tiges. La situation alimentaire des hommes et femmes du village s’en trouve fortement détériorée.

Décrivant cette situation, un notable du village dit que la population a passé un moment difficile après que les récoltes de 2010 se sont épuisées. « C’est grâce à la solidarité que certains ménages ont tenu le coup. Dans les situations difficiles, nous nous appuyons sur la solidarité pour nous entre aider. Celui qui en a un peu, partage avec ceux qui n’en ont pas. C’est ainsi que nous avons cheminé jusque à ce que l’aide des organismes nous est parvenue en février ». explique-t-il.

Arra est l’un des sept villages bénéficiaires de grenier communautaire mis en place par le SECADEV grâce au projet Emergency Appeal (EA 2012) sur un financement de Caritas Danemark. Ce stock est composé de 50 sacs de 100 kg de mil par village. « Evaluant la campagne agricole 2011, nous avons constaté que la situation de certains ménages serait difficile si une action d’urgence n’est pas initiée. Nous avons prévu au titre du Emergency Appeal la mise en place des greniers communautaires dans sept villages jugés vulnérable », explique Assan ATAPAKAYE, chargé des programmes à la coordination du SECADEV à l’Est.

Dans ce village comme dans les six autres, la gestion du grenier communautaire a été confiée à un comité composé de cinq personnes des deux sexes désignées par les villageois.
« Nous avons défini deux critères pour identifier les ménages devant bénéficier de l’assistance reçue du SECADEV «  , dit Ibrahim le président du comité. Il s’agit des ménages complétement dépourvus de stock céréalier, et les familles composées de plus de cinq personnes dont le stock, même s’il existe ne saurait couvrir les besoins de ces famille pendant la période difficile. Au vue de ces critères, le comité a sélectionné 25 ménages nécessiteux à qui les 4 tonnes de mil ont été distribuées debut août.

« Sur la base des besoins exprimés par les ménages vulnérables, nous avons donné à certains un sac, à d’autres, un sac et demi voire deux sacs de mil », confie un autre membre du comité. Les gestionnaires de ce grenier sont assez prudents. Ils ont réservé une tonne de mil pour pallier aux situations les plus imprévues.« Il se pourrait que certains ménages épuisent leur stock avant la récolte et reviennent vers le comité. Dans ce cas, nous allons examiner ces demandes au cas par cas », prévoit Ibrahim.

Si les bénéficiaires du programme sont soulagés par cette assistance, ils n’ignorent pas la responsabilité qu’ils ont de se prendre en charge. « Avant de procéder à la distribution, nous avons clairement dit aux bénéficiaires que ce stock appartient à tout le village, et doit être reconstitué pour faire face à ce genre de situation ». A la récolte, un quota est fixé à chaque bénéficiaire en vue de rembourser la quantité qu’il a reçue du comité. Celui qui a reçu un sac de mil, rembourse un sac et sept coros (17,50kg de mil) supplémentaires en guise d’intérêt.
Cette mesure convient à tous les bénéficiaires du crédit céréalier. Hassan Mahamat Adam qui a reçu un sac et demi promet de rembourser ce qu’il doit au comité, soit un sac et demi plus les dix coros (26,2kg) représentant l’intérêt.
Ce monogame père de six enfants se veut reconnaissant : « En plus de ce que je dois au comité, je vais donner 10 coros de plus comme ma contribution personnelle à la reconstitution du grenier communautaire « . Car conclut-il, « sans cette a assistance, je ne sais pas ce j’aurais pu faire pour nourrir mes enfants ».
Antoine Adoum GOULGUE, Le Blog du SECADEV

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