Crise alimentaire au Sahel tchadien: Des difficultés avant les récoltes

Fatimé montrant à ces bienfaiteurs ce dont elle et les siens vont se nourrir

Si au village Arra, le comité de gestion du grenier communautaire a reparti le stock entre les ménages les plus vulnérables, à Faki Boukour, un autre village de Guéréda, tous les ménages ont bénéficié de cette assistance. La situation de ce village est certainement spécifique comme l’a expliqué le Président du comité de gestion du grenier. « Nous sommes tous vulnérables et avions besoin de cette aide alimentaire. C’est ainsi que nous avons reparti les 50 sacs de mil reçus du SECADEV entre les 60 familles que compte le village ».
Par conséquent les cinq tonnes de mil ont été distribuées en totalité depuis le 2 août et les plus vulnérables risquent de passer des semaines difficiles avant les récoltes.

C’est le cas de Fatimé Abakar Yacoub, à la tête d’un ménage de huit personnes qui n’a reçu que 53 coros de mil (70kg) du comité. A la date du 4 septembre, ce stock était presque épuisé après seulement 32 jours couverts. « Il ne me reste que trois coros de mil et je ne sais comment je vais nourrir mes enfants », se plaint-elle. La dame ne cache pas son angoisse face à cette incertitude. Ne disposant pas d’auttre moyen pouvant lui générer du revenu, elle craint de replonger dans une situation alimentaire précaire similaire à celle qu’elle a vécue au début de l’année après que ses trois sacs récoltés en 2011 ont été consommés. Entre les mois de janvier et avril, période d’inactivité, elle s’était consacrée au commerce des épices et des denrées alimentaires pour trouver le revenu nécessaire. Mais pendant l’hivernage, cette activité n’est pas rentable. En plus, elle préfère consacrer son emploi du temps à l’entretien de ses deux hectares de mil et d’arachide que de mener une activité incertaine.

A l’instar de Fatimé, beaucoup de ménages à Faki Boukour sont en situation de rupture de stock alimentaire. « Cette situation nous interpelle sachant que la population que nous avons cru assister jusqu’à la récolte se trouve en difficulté », a déclaré Rondouba Francis un technicien d’Agriculture. Sa préoccupation rejoins celle de tous ceux qui travaillent à garantir aux populations du Sahel une sécurité alimentaire sans cesse mises-en mal par des aléas de toutes sortes.

Antoine Adoum GOULGUE

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :