Le Projet ‘Food for peace’ vient au secours des familles larges

Les familles larges sont les plus touchées par la crise alimentaire qui affecte les populations rurales. La famille de Abdoulaye Hassan, habitant le village Dokoye à 15km au sud d’Adré en est la figure.

Abdoulaye, en demi flexion à droite, aide sa femme Halimé, accroupie à gauche à lire ses coupons

Agé de 68 ans, Abdoulaye est marié à deux femmes et père de 13 enfants. A cela s’ajoutent sa vieille mère, ses deux épouses et lui-même. Marabout de son état, il a également sous sa responsabilité 15 étudiants du Coran inscrits à sa Madarassa auxquels il doit nourriture spirituelle et alimentaire. « Normalement Il incombe aux parents de subvenir aux besoins alimentaires de leurs enfants inscrits à la madarassa mais à cause de la baisse de pouvoir d’achat des ménages, cela est impossible. Je suis obligé de nourrir mes étudiants parce que je ne veux pas qu’ils interrompent leur éducation religieuse », explique le maître. Une quinzaine de personnes déplacées ayant fui les violences du Darfour voisin ont trouvé refuge à Dokoye et sollicitent quotidiennement l’assistance des autochtones. Le Marabout est la personne la plus sollicitée par sa fonction d’homme de Dieu. Pour nourrir cette large famille, il faut consentir au moins 4 coros de mil, soit 12,5kg pour offrir les trois repas du jour.

Près de soixante-dix ans, l’intellectuel musulman n’a plus assez de force pour produire. Ses enfants et ses femmes constituent son espoir. Cette famille pratique l’agriculture à l’instar des habitants du village. En raison de la mauvaise pluviométrie enregistrée au Tchad en 2011, les Abdoulayes n’ont pas échappé à la contre production agricole. « Nous n’avons récolté que 3 sacs de mil. Cette récolte a couvert nos besoins pendant un mois. Depuis lors c’est Dieu qui nous donne à manger », dit Abdoulaye. Il fait ainsi allusion aux petits travaux que ses femmes et ses enfants sont amenés à faire pour générer les ressources dont la famille a besoin pour se prendre en charge. « Le jour du marché, mes enfants vont travailler comme porteurs. Les jours ordinaires, ils fabriquent des briques pour des particuliers contre une rémunération , décline-t-il la stratégie familiale de lutte contre la crise.

L’épuisement du stock alimentaires familial et le nombre pléthorique de personnes a fait que Abdoulaye et les siens n’ont droit qu’à un seul repas par jour. Halimé Djouma Mahamat, la plus jeune épouse qui allaite un enfant et la mère d’Abdoulaye sont élues bénéficiaires du projet FFP. Ce projet financé par USAID octroie à ces deux femmes la somme de 12 000F dans l’intervalle de 14 jours durant quatre mois en vue de s’approvisionner en produits alimentaires. Fortes de cette faveur, Les deux femmes bénéficiaires ont participé aux trois premiers tours du marché FFP.

Au deuxième marché organisé il ya deux semaines, Halimé dit qu’elle avait acheté 10 coros de mil et un demi-coro de sucre. Au troisième tour organisé le 8 août, elle a réduit de moitié la quantité de mil pour disposer de l’argent et acheter d’autres denrées. « C’est le dernier marché avant la fête du Ramadan. J’ai réduit la quantité de mil pour acheter un peu d’huile, de la farine, du sucre et du riz pour préparer les plats de la fête. Au prochain marché, je vais prendre les dix coros de mil habituels parce que nous sommes habitués à manger la boule et il faut pour cela du mil », envisage-t-elle.

Comme tous les ménages bénéficiaires, les abdoulayes demeurent confiants. Ils rendent grâce à Dieu et bénissent l’œuvre des promoteurs du projet FFP. Ils sont d’autant plus confiants que le projet leur promet quatre tours de marché les mois prochains avec l’objectif de couvrir 50% de leurs besoins nutritionnels pendant cette période de culture.

Autant Abdoulaye est ravi de l’aide apportée par le projet, autant il sait qu’elle est ponctuelle et doit prendre fin. C’est pourquoi sa famille exploite au titre de la campagne agricole en cours force parcelles de mil et d’arachide. « Je cultive cette année sept Moukhamas de mil et quatre moukhamas d’arachide. Ma prière est que la pluie maintienne son rythme actuel jusqu’au mois d’octobre ». Une prière qui résonne de toute sa force dans les cœurs de ceux qui se soucient du bien-être des populations rurales.
Antoine Adoum GOULGUE, Le Blog du SECADEV

En savoir plus sur le projet ‘Food for peace’ (FFP), cliquer ici!

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