‘Food for peace’, troisième tour de marché dans l’Assoungha

Le sucré (emballé dans de petits sacs en plastic) a dominé le marché

Adré le chef lieu du département de l’Assoungha a enregistré le 7 août l’une de ces grosses pluies qui caractérisent le mois d’août. Le lendemain, une équipe du projet Food for Peace (FFP) devait organiser le troisième tour du marché à Gabiné dans le canton canton Kado à la frontière soudanaise. Ramadan oblige, le départ a pris du retard. C’est à 10 heures et 47 minutes que le convoie constitué de deux Toyotas Hard-top s’est mis en route.

Après Hilé Djedid, le nouveau quartier d’Adré créé par les personnes déplacées internes, l’équipe organisatrice du marché FFP s’est engagée sur la piste qui mène à Gabiné. Elle a vite baigné dans une nature verte d’une verdure incontestée, une verdure dominée par des calotropis procera, cet arbre au ballon dont la présence trahit l’appauvrissement du sol. Contrairement à d’autres contrées du Ouaddai, le sol d’Adré est sablonneux. Aussi, la piste qui mène au Sud en direction de Borotha est-elle envahie de sable. Imbibée d’eau de pluies, cette piste rend le transport très lourd qui impose aux véhicules ce hurlement assourdissant.

A mesure que le convoie remonte cette piste, la forêt de calotropis cède progressivement la place à une savane plus arborée et plus composite. Alors apparaissent les premières parcelles. Ici, un champ de mil en plein étalage, là, un champ d’arachide tout en fleurs. Sur d’autres parcelles, ces cultures sont associées à des légumineuses telles que le sésame et la pastèque. « En ce mois d’août, il pleut abondamment. C’est pourquoi les cultivateurs se hâtaient de sarcler leurs champs de peur que les cultures soient envahies d’herbes sauvages », dit un membre de l’équipe.
A l’aide de l’outil de sarclage au long manche appelé Djaraï, les agriculteurs en famille se donnaient à l’œuvre.

A l’approche de Gabiné le village hôte, des femmes, des hommes et des jeunes vêtus de leurs plus beaux habits se hâtaient dans la même direction que le convoi. Les adultes étaient montés sur des animaux (ânes, chevaux, chameaux), les jeunes allaient à pieds alternant course et marche. « Ils vont au marché de Gabiné », fait remarquer un autre agent. Certaines femmes portaient des gros colis, assurément des produits alimentaires qu’elles allaient vendre au marché. D’autres se contentaient de sacs vides qu’ils tenaient à la main.

En ce mois Saint du Ramadan, les familles constituent à l’avance les réserves nécessaires à la préparation des mets consommés lors de la période de jeûne, la bouillie de céréales, la soupe de viande et les boissons et autres sirops. Pour les familles rurales à faible revenu, les réserves sont constituées hebdomadairement après chaque marché. L’approvisionnement se fait dans les marchés locaux tels celui de Gabiné qui dessert une quinzaine de villages. De plus, à l’approche de la fête de fin du Ramadan, les fidèles, y compris les ruraux multiplient les stratégies pour gagner de l’argent nécessaire pour payer les cadeaux. Se débrouiller au marché du coin reste pour beaucoup la méthode qui paye.
A 10 jours de la fête, la pression s’accentue les familles avec l’impératif de réussir la fête. Pour ceux qui se rendaient au marché de Gabiné ce jour, l’enjeu était de taille. Pour les bénéficiaires du projet FFP, c’est une aubaine de disposer de 12 000 à cette occasion.

A 11 heures 17 minutes, le convoi arrive sur cet endroit de transaction situé à la sortie sud du village à distance égale ou presque des villages desservis.
Des charrettes ayant servi au transport des marchandises étaient garées. Les animaux de trait chevaux et ânes broutaient indifféremment de l’herbe verte pendant que les hommes s’activaient à étaler, emballer, arranger leurs marchandises.
L’engouement était perceptible à en juger par ce remue-ménage provoqué par l’arrivée de la délégation Des bénéficiaires et leurs accompagnants, des personnes non-inscrites qui espèrent peut-être se faire inscrire cette fois-ci. Les agents du Secadev chargés du bon déroulement du marché n’ont pas attendu si longtemps pour se mettre à l’œuvre. Vérifier les denrées exposées, vérifier les mesures utilisées par les commerçants, tels est l’essentiel de leur mission. Ce faisant, ils ont constaté qu’une nouvelle denrée, la farine du blé a fait son apparition sur les étales. Un autre changement constaté est l’augmentation de la quantité du sucre sur le marché. « D’ici à quelques jours, interviendra la fête de fin du Ramadan. Les familles voudront acheter du sucre pour préparer les mets de la fête. Vous constatez qu’il ya plus de sucre que d’habitude », explique Peufené Kouaré, Coordinateur du projet qui a fait le déplacement de Gabiné.
Le contrôle des agents va surtout dévoiler une malhonnêteté chez certains commerçants qui ont réduit la quantité du coro de sucre. « Pour dissimulé leur tricherie, ils ont emballé tout le sucre dans des sacs en plastic censé contenir un coro alors que en réalité cela n’atteignait même cette mesure », expliquait un agent chargé du suivi du marché.
Le sucre est la bienvenue au marché. Aussi pouvait-on en trouver dans chaque stand. Cette denrée est utilisée pour la préparation de la bouillie dont les ingrédients sont du riz de la farine, surtout de sucre. Le sucre entre aussi dans la préparation des gâteaux et du riz le plat préféré des jours fériés.
Tout est bien qui finit bien.
L’ouverture des transactions s’est fait par un rappel des principes des échanges, notamment l’utilisation des coupons. Cette sensibilisation qui s’est s’adressée en priorité aux bénéficiaires acheteurs qui doivent se rappeler que l’aide offerte par le projet leur revient et qu’ils sont libres de payer les denrées de leur choix au vendeur de leur choix selon l’accessibilité des prix. « A supposer que je me présente à un commerçant pour acheter un coro de mil, et le commerçant me dit le coro coûte 1000 f est-ce que je vais lui donner l’argent », a interrogé l’agent de la sensibilisation. « Non, Il faut d’abord discuter le prix », ont répliqué en choeur les bénéficiaires qui avaient hâte de passer à l’acte.
Le va-et-vient s’est intensifié, les remous ont éclaté en brouhaha produit par les interactions verbales entre commerçants et acheteurs. Les stands de vente de mil, de sucre, de riz et de farine ont été les plus visités créant au tour de ces vendeurs un attroupement gigantesques.

Comme au marché ordinaire, on voyait les acheteurs munis des coupons multicolores se déplacer d’un stand à un autre, prendre l’échantillon d’une denrée pour s’assurer de la bonne qualité, négocier le prix puis sortaient leur bon cartonné, en détachaient des coupons pour faire un achat. Lorsqu’un problème survint, le plus souvent la difficulté de lire les coupons, les agents du Secadev postés dans chaque stand intervenaient.
Après une heure et quart, le troisième tour de marché FFP a pris à la satisfaction de tous, en l’occurrence les bénéficiaires
Antoine Adoum Goulgué, Le Blog du SECADEV
___________________________________________________________________

Pour plus de détails sur le projet FFP, cliquez ici.
Les images du maché de Gabiné, cliquer sur une photo pour agrandir.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :