Adam Yaya et le sucre

Adam Yaya, toute attention

Adam à la fin de son exercice

Adam yaya, 70 ans s’est assis à même le sol sur cette aire du marché de Lima (Guereda). Il semblait ne plus se préoccuper de ce qui se tramait autour de lui. Le mégaphone des agents du SECADEV débitait à séquences régulières des instructions à l’endroit des bénéficiaires, les véhicules des commerçants qui venaient décharger leurs marchandises dans des vrombissments assourdissants, des hélées des ouvriers et des cris des bébés suffoquant de chaleur au dos de leur mères. Adam n’avait d’attention que pour ce qu’il était en train de faire, emballer le demi coro de sucre qu’il venait d’acheter au marché organisé par le projet FFP. A défaut du traditionnel sac en plastique plus pratique pour ce genre de situations, le vieil homme a dénoué le turban dont il se protégeait le crâne, l’a étalé au sol avant d’y déverser le demi-coro de sucre en poudre. La très grande précaution prise à faire ce travail prouve que cet homme ne veut pas perdre le moindre grain. Inutile de lui demande à quoi sert du sucre.

« J’aime prendre du thé, et pour préparer du thé il faut du sucre. Chaque jour, si le moyen me le permet, je prends au moins trois fois du thé ; très tôt le matin, l’après-midi et le soir », dit-il en nouant solidement le produit d’une corde qu’il a tirée de sa poche. Il sait que sa famille de sept personnes manque de mil, mais il a jugé nécessaire de dépenser 16% de l’assistance financière reçue du FFP (2 000fr) contre du sucre, une denrée qui fournit tant d’énergie à son vieux corps. « Je me suis déplacé personnellement pour faire ce marché pour constituer ma réserve de sucre ». Il n’ignore pas que la priorité de sa famille c’est le mil mais il maintient que le mil seul ne suffit pas. « Le mil c’est pour tout le monde, les enfants en particulier et j’ai acheté pour 11 coro; le thé c’est pour nous les adultes, ma mère, ma femme et moi-même », précise-t-il. Le sucre destiné à la préparation du thé est d’autant plus utile que cette boisson procure de l’énergie lors des travaux champêtres. « Avant de commencer le travail, je prends un verre de thé, à la fin j’en prends un autre. Le thé c’est notre force», conclut-il.

Pour cette raison, l’assistance du FFP n’est pas seulement utile pour la survie quotidienne mais aussi pour construire le futur. « L’année passée, nous n’avons pas récolté grand-chose à cause de la mauvaise pluviométrie. Cette année, Dieu voulant il faut que nous travaillions dur pour compenser ce déficit ».
Le septuagénaire a semé au titre de la campagne en cours trois Makhamas (60x80m) de mil et un makhamasses d’arachide.

Tout en espérant que la pluviométrie soit abondante, Adam remercie le Secadev et ses partenaires d’avoir donné à sa famille et lui l’occasion de jeter les bases d’une bonne campagne agricole.
L’objectif principal du projet FFP est de réduire le choc de la crise alimentaire, mais aussi de protéger les capitaux des ménages afin de les aider à s’investir aux exploitations agricoles.
Antoine Adoum Goulgué, Le blog du SECADEV

Pour plus d’informations sur le projet FFP, cliquez ici

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