Urgence à l’Est du Tchad: La protection des vulnérables au cœur des interventions

A mesure que l’urgence à l’Est du Tchad se stabilise, les humanitaires focalisent leur attention sur les personnes à besoins spécifiques (PBS) appelées communément vulnérables. Cela se fait par la construction des abris, la distribution des articles non alimentaires(couvertures, nattes et bidons) mais surtout par des visites régulières des agents humanitaires pour les aider ces personnes défavorisées à vivre dignement leur condition. Le Blog du Secadev a suivi un agent lors d’une visite à ces personnes aux camp de Milé.

Habiba et Haoua Mahamat Nahar (de gauche à droite)

Habiba Mahamat Fadoul, animatrice sociocommunautaire a à visiter ce 22 février trois vulnérables de la zone N°1 du camp de Milé. « L’objet de ma visite est de constater l’utilisation effective des abris construits par le Secadev en faveur des vulnérables », annonce-t-elle. Munie de son calepin où sont consignés les renseignements sur chaque bénéficiaire, elle se sépare de ses collègues et rejoint Makka Yaya Moursal, une réfugiée qui collabore avec les humanitaiares depuis huit ans. Les deux dames se dirigent vers une concession au mur richement décoré remontant un couloir à l’allure de labyrinthe. Leur marche s’arrête lorsqu’elles arrivent à l’entrée d’une maison où se tenait une vieille femme au visage couvert de rides. Haoua Mahamat Nahar la locataire, âgée d’environ 80 ans est la première vulnérable qu’elles allaient visiter. La vielle femme vit toute seule dans le camp. « Je suis la mère de quatre filles. L’une d’elles vit ici au camp mais elle ne prend pas soin de moi », se plaint Haoua. L’absence de soutien et l’âge avancé fait d’elle une personne vulnérable. Elle a bénéficié à ce titre de plusieurs Assistances: la construction d’une maison où elle vit depuis quelques mois, un don de couverture, de natte et un foyer amélioré. Habiba l’animatrice situe l’objet de sa visite et la vunérable de repliquer: « Ma nouvelle maison est assez confortable », dit-elle en reconnaissance de l’assistance apportée par l’organisation catholique et ses partenaires avant de présenter une doleance: « la charpente de ma maison est attaquée par les termites. Je crains que le toit ne s’effondre ». Une destruction de son abri risquerait de la contraindre à regagner la tente en bâche qu’elle a désertée il y a quelques mois.  » Vient voir toi-même, ma fille! » insiste-elle auprès de l’animatrice du Secadev. L’autre se décide de constater la menace et répond « j’ai bien vu, maman. Je vais faire remonter ta doléance à mes chefs « .

Si Haoua vit dans l’abri qu’on lui a attribué, son homonyme Haoua Mahamat Issa, une réfugiée de 21 ans s’est vu interdite d’habiter le sein par sa mère et sa soeur qui se sont arrogé le titre de bénéficiaires. Elles occupent la maison destinée à la vulnérables depuis sa reception. La tentative d’explication donnée par sa mère est que la vraie Haoua ne pourrait sortir de la pièce d’elle-même parce que paralysée de ses quatre membres.
La jeune vulnérable est doublement handicapée. En plus de la paralysie, elle souffre d’une démence qui la prive de toute cohérence. « Vous ne devriez pas abandonner votre fille dans cette tente délabrée alors que la maison est construite pour elle », a martelé la chargée de suivi des vulnérable à l’endroit de sa mère présente au moment de la visite. Les parents de Haoua n’ont pas le moindre respect pour elle. La natte et la couverture qu’elle a reçues en don sont utilisées par un autre membre de la famille. Sa chaise roulante est devenue le jouet des enfants. Il a fallu l’insistance de Habiba pour que ces biens soient extirpés d’une pièce voisine utilisée indûment par un non vulnérable. Indignée, l’animatrice du Secadev a demandé à la famille de faire coucher la vulnérable dans son abri le soir-même de sa visite et que tous ses biens lui soient restitués.

Elle a menacé de faire intervenir les élements de la sécurité si la vulnérable n’était pas entrée dans ses droits.

Damiré Tokoï Sabre, 70 ans est la troisième et dernière vulnérable visitée. Son cas ressemble à celui de Haoua la paralysée. Un couple de réfugiés qui n’a pas de lien de parenté avec elle, a élu domicile dans son abri sans que cela n’émeuve personne dans l’entourage. L’absence de lien de parenté entre la bénéficiaire dépossédé et les occupants qui sont, madame et monsieur des travailleurs fait craindre que la maison ne soit retrocédée au couple salarié contre une somme d’argent. L’intéressée était absente du camp et nul ne peut dire pourquoi elle continue de vivre dans une tente en mauvais état alors qu’elle a un abri plus confortable.

En 2010 et 2011, le Secadev a construit des abris pour 200 vulnérables des deux camps grâce au partenariat avec l’UNHCR et distribué des couvertures, des nattes et des bidons à la catégorie de réfugiés sur un fonds de Caritas France membre de la confédération Caritas internationale.

Antoine ADOUM GOULGUE, Le Blog du Secadev

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