Le projet EA vu par les bénéficiaires

L’auto prise en charge des réfugiés soudanais est l’objectif du projet Emergency Appeal(EA) financé par la Confédération Caritas Internationalis. Après trois années d’EA, quels progrès peut-on noter ? Le secteur Eau est la première priorité de ce projet. Nous avons donné la parole à quelques réfugiés du camp de Milé (Guereda). Cliquez sur le nom souligné pour accéder directement à l’avis de l’intéressé.
Cheick Abdoulaye, groupier et membre du comité d’Eau, Magboullah, Cheikate et membre du comité d’eau chargée de la sensibilisation,Fané Moussa, agent de traitement de l’eau.

Cheick Abdoulaye, réfugié membre du comité du secteur Eau au camp de Milé

Cheick Abdoulaye, groupier et membre du comité d'eau, Milé


A la création du camp de Milé, la distribution de l’eau aux réfugiés se faisait par camions-citerne. Chaque réfugié devait se déplacer pour recevoir un bidon d’eau par jour. Aujourd’hui, grâce aux efforts de Secadev et ses partenaires, le secteur eau s’est progressivement déployé par l’extension du réseau. Le nombre des points d’eau dans le camp a augmenté permettant aux réfugiés des zones éloignées d’avoir facilement accès à l’eau.
Sur le plan de la participation des réfugiés au secteur, le Secadev, à travers le projet EA nous a donné plusieurs formations. Les agents du Secadev nous ont appris à démarrer et éteindre les générateurs, à remplacer les filtres du générateur, à remplacer les tuyaux cassés, les robinets endommagés.
C’est aussi grâce au projet EA que des clôtures et des hangars sur les bornes fontaines ont été construits pour protèger les usagers contre les intempéries. Les clôtures empêchent les animaux d’entrer dans les bornes fontaines et de les salir. La dernière réalisation que l’EA a apportée au secteur eau c’est les plates formes des bornes fontaines. Ces plates-formes en ciment facilitent l’entretien des lieux.
Je parle enfin des hangars construit pour les gardiens des bornes fontaines. Avant, ces gardiens travaillaient en plein air. Maintenant ils ont un abri. Dans ces conditions, ils peuvent mieux surveiller les bornes fontaines et empêcher les enfants de détruire les robinets. La présence des gardiens dissuade aussi ceux qui sont tentés d’utiliser l’eau potable pour fabriquer les briques ou faire abreuver leurs animaux à la fontaine, parce qu’il a été convenu de n’utiliser l’eau du robinet que pour la consommation.
Nous sommes heureux d’avoir accès à l’eau potable et d’être rendus capables de réaliser nous-mêmes certains travaux le jour où les humanitaires ne sont pas venus au camp. Pour tout cela, les réfugiés du camp de Milé par ma voix remercient le Secadev et ses donateurs.

Magboullah, femme réfugiée de la zone 2, Milé

Magboullah est une femme réfugiée très influente. Elle est adjointe au chef des réfugiés du camp de Milé


Je suis une femme et je suis directement concernée par la question de l’eau, parce que sans eau, il n’y a pas de vie possible. Le projet EA, comme tout le monde le sait a réalisé des ouvrages dans le camp de Milé. Outre les infrastructures d’eau, je me félicite du changement d’attitude de la part des réfugiés au sujet de la qualité de l’eau. Les réfugiés, surtout les femmes avons changé de mentalité. Je donne un exemple : les agents du Secadev ont démontré que l’eau du forage, du puits ou du wadi n’est pas potable. Elle contient des germes qui peuvent provoquer des maladies. C’est pour cette raison qu’elle est traitée au chlore avant d’être distribuée aux personnes. Ces humanitaires ont appris à certains d’entre nous à faire le traitement. Plus bénéfique pour nous les femmes, c’est la question de la conservation de l’eau de boisson. Ils ont expliqué que l’eau traitée au clore n’est plus potable au bout de deux jours, parce qu’elle a perdu une bonne quantité du chlore et peut être utilisée pour laver du linge et non consommée.
Le projet EA nous a organisées en comité des femmes pour sensibiliser les familles sur la bonne utilisation de l’eau tant à la borne fontaine qu’à la maison. Nous nous sommes organisés en deux groupes pour sensibiliser les autres femmes. Nous avons organisé trois sensibilisations. A titre d’exemple nous avons dit aux femmes réfugiée que l’eau traitée est destinée à la consommation et non à la fabrication des briques ni à abreuver les animaux, moins encore à faire laver les habits. Au début, personnes ne voulait rien entendre. Grâce aux sensibilisations que nous avons menées tout cela a cessé.

Fané Moussa, agent de traitement de l’eau au camp de Milé

Fané Moussa au debut d'un teste


Je suis agent de traitement de l’eau au camp de Milé. Mon travail consiste à tester la qualité de l’eau distribué dans le camp.
J’ai appris à tester l’eau dans un camp des personnes déplacées internes du Darfour. Ici au camp de Milé, j’ai suivi quatre autres formations données donnée par les agents du SECADEV. Nous sommes deux femmes ainsi formées pour tester le niveau de chlore dans les vannes et dans les ménages. Notre travail est de garantir qu’un taux de chlore normal est contenu dans l’eau issue des cuves et des robinets. Pour ce faire, nous prélevons de l’eau pour faire le teste. Nous sommes dotées d’un appareil (tester) qui permet de mesurer le taux de chlore contenu dans l’eau. Ce taux varie entre 0,8 et 0,4 mg par litre pour l’eau des vannes et de 05 à 0,2 mg pour celle des jarres.
Pour faire le teste, je mets une quantité de d’eau dans l’appareil, j’y ajoute un comprimé appelé DPD1, je secoue le contenu pour faire dissoudre le comprimé. Une fois dissout, l’appareil m’indique la quantité de chlore grâce à la graduation. Lorsque le taux de clore tourne au tour de 0,5mg, le taux est normal et l’eau est potable. Pour les ménages, il faut au moins 0,2mg de chlore pour être propre à la consommation. Si ce n’est pas le cas, l’eau n’est pas potable et la famille concernée doit la jetée ou l’utiliser pour laver du linge. Si l’eau issue des vannes contient moins de 0,4g, nous avertissons les personnes en charge de reprendre leur teste.
Personnellement, je tire du rôle que joue une grande fierté, celle d’avoir rendu service à la population réfugiée.
Propos reccueillis par Antoine Adoum GOULGUE, Le Blog du Secadev

Appréciations des techniciens du secteur

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