Bilan du projet EA fait par les techniciens du secteur EAU

Après les bénéficiaires nous donnons la parole aux techniciens du secteur Eau pour faire le bilan du EA pour les années 2010-2011:
Allaramadjibaye, Ronelngar, Ingénieur hydraulique à la délégation du Secadev à Guéréda et Ndjongo Yani, Coordonnateur du secteur wash pour les deux camps de Guereda
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Allaramadjibaye Ronelngar, Ingénieur hydraulique à Guereda

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Allaramadjibaye est ingénieur à la délégation du Secadev à Guereda


L’eau est très sensible dans la vie des réfugiés, partant de tout homme. L’eau c’est la vie a-t-on coutume de dire. C’est parce que l’eau c’est la vie que le Secadev, les réfugiés et les donateurs lui accordent une priorité première malgré les coûts onéreux que cela occasionne. Il faut le dire, produire de l’eau potable en quantité coûte cher. Je vous donne les chiffres représentant les dépenses d’un seul mois. En avril 2011, nous avons produit de l’eau suffisant pour faire consommer à chaque réfugié 16 litres d’eau par jour. Le coût de production et de traitement est monté à 1 781 210 de franc CFA. Ces chiffres ne prennent pas en compte le salaire des agents, l’acquisition du matériel et le coût de transport journalier des agents. C’est pour cette raison que le secteur mobilise autant des partenaires.

Nous avons l’Unhcr qui met à la disposition du Secadev les moyens financiers, Oxfam qui donne un appui technique et les réseaux Caritas qui apporte des moyens financiers supplémentaires pour compléter ceux de l’Unhcr.
Pour parler des réalisations du projet EA, nous poursuivons la construction des clôtures et hangars sur les bornes fontaines pour offrir aux réfugiés de meilleures conditions d’utilisation des infrastructures.

Le secteur se félicite aussi de la construction d’un laboratoire d’analyse d’eau au camp de Milé. C’est la nouveauté apportée dans ce secteur. Ce laboratoire est l’œuvre de Caritas Danemark. Il est alimenté par un système solaire, un dispositif composé des plaques solaires, d’une batterie et d’un réfrigérateur. Le laboratoire nous permet de conserver nos milieux de culture ici au camp alors qu’avant il fallait conserver cela à Guereda.

Ndjongo Yani, coordonnateur du secteur Wash pour les camps de Kounoungou et Milé


Ndjongo Yani, coordonnateur du secteur wash pour les deux camps de Guereda

Le programme Wash fait référence au secteur Eau et Assainissement. Il est focalisé sur cinq grandes parties: l’approvisionnement en eau, la gestion des excrétas (urines et déchets animaux et humains), la gestion des déchets, la lutte contre les vecteurs (bactéries) et l’éducation communautaire.
Le cycle de production et de distribution de l’eau dans les camps comprend à la source le captage au niveau des forages et des puits; l’eau produite est pompée via des conduites d’alimentation en destination des tanks où se font le stockage et le traitement de l’eau. Au bout du cycle, nous avons la distribution de l’eau dans les bornes fontaines.

L’objectif recherché c’est de produire de l’eau potable en quantité suffisante c’est-à-dire tendre vers le standard en la matière qui est 20 litres d’eau par réfugiés et par jour, au cas écheant 15 litres. Pour atteindre cet objectif, nous mettons en œuvres une gamme d’activités, à savoir l’entretien des générateurs, le suivi du système hydraulique et la sensibilisation des bénéficiaires sur les questions d’hygiène.
L’entretien des générateurs consiste essentiellement à remplacer les filtres et faire les vidanges.
Le suivi du réseau est extrêmement important. Les installations d’eau aux camps datent de 2004. Il y a des joints et des raccords qui cèdent, des tuyaux qui se cassent. Nous disposons à tout temps de pièces pour faire toutes ces réparations le plus tôt possible.

Chaque trois mois, nous nettoyons les tanks pour éviter toute présence de germes ou d’impuretés.
Nous utilisons deux techniques pour traiter l’eau. Au camp de Milé où l’eau est limpide, nous faisons la chloration. A Kounoungou où l’eau est trouble, nous faisons la floculation. Ces deux techniques de traitement de l’eau permettent de prévenir les consommateurs contre les maladies d’origine hydriques en détruisant tout germe. 30 minutes après le traitement de l’eau, nous lançons la distribution dans les rampes.

Pour s’assurer que l’eau distribuée contient un taux de chlore normal, nous organisons des tests. Au niveau des bornes fontaines, le seuil tolérable pour que l’eau soit potable est de 0,4 ou 0,5mg de chlore par litre d’eau.
Au niveau des ménages, l’eau destinée à la consommation doit contenir au moins 0,2 mg de chlore par litre pour être saine à la consommation.

La dernière activité du secteur eau c’est la sensibilisation des familles en vue d’une bonne conservation de l’eau. Les membres du comité d’eau passent dans les bornes fontaines et dans les ménages pour s’assurer que les règles d’hygiènes sont respectées par les ménages.

Les activités mises en œuvre sont celles qui sont jugées prioritaires par les deux partenaires, le Secadev et l’Unhcr. Chaque année, nous faisons collégialement une évaluation des besoins, nous en établissons les priorités en fonction des moyens disponibles. Le projet EA nous permet justement d’aller au-delà des priorités de l’Unhcr qui visent la production et la distribution de l’eau potable suivant les standards. Ce partenaire onusien veut s’assurer que les réfugiés ont de l’eau potable avoisinant le standard. Avec les fonds du réseau Caritas, nous avons ajouté à la production et la distribution la construction des clôtures, les hangars, les plates-formes des bornes fontaines. Pour le Secadev, ces infrastructures sont nécessaires, car elles protègent les usagers et créent les conditions d’hygiéniques au point d’eau.

En rapport avec la question de moyens et sachant que les donateurs se tournent de plus en plus vers d’autres crises, nous mettons l’accent sur la participation de la communauté réfugiée. Nous voulons qu’à la longue, les réfugiés s’approprient le fonctionnement du secteur. C’est dans ce sens que nous avons aidé à la formation du comité des réfugiés.

Au départ, les membres du comité recevaient des primes d’encouragement en espèce. L’esprit de la prise en charge a fait que cette prime a été supprimée. Cette suppression a découragé certains membres du comité et cela a ralenti la participation des réfugiés. Face à cela nous avons changé d’approche en formant nouveau comité de 24 membres à raison de deux réfugiés issus de chaque zone. Nous avons clairement expliqué aux nouveaux qu’ils doivent garder à l’esprit leur engagement, celui de servir les autres sans en exiger un encouragement de quelque nature que ce soit en choisissant un volet d’activité précis : l’entretien des pompes, la sensibilisation des autres, la réparation des robinets etc et ça marche bien.
Nous entendons d’ici à 2012 arriver à 80% des réfugiés qui adhèrent à l’appropriation du secteur. Le second objectif est de remplacer les cuves actuelles qui sont en tôle par des cuves ferrociment (béton) plus durables et conserve mieux l’eau.

L’objectif commun que se sont fixés l’Unhcr et Secadev en matière d’eau c’est de fournir d’ici à 2012, 20 litres d’eau par jour à chaque réfugié au lieu de 16 actuellement. Nous voulons à cet effet réaliser des barrages souterrains pour recharger les nappes d’eau. A la période chaude (mars-Mai),celle où les besoins en eau augmentent, les puits sont surexploités et le niveau de nappes baisse. Les barrages souterrains permettent de recharger les nappes d’eau en ralentissant le débits de l’eau de wadi en amont du puits et cela recharge les nappes.
A l’issu d’un entretien avec Antoine Adoum GOULGUE, Le Blog du Secadev

Le projet EA vu par les bénéficiaires

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