Roundouba Nékinga, un technicien d’Agriculture se prononce sur l’issue de la campagne agricole 2010-2011:

Rondouba NEKINGA Francis, technicien d'Agriculture à la délégation du SECADEV à Guereda


« Dans le département du Dar Tama, Je constate que la campagne agricole en cours se déroule dans l’inquiétude. Les pluies sont arrivées avec un grand retard et cela a perturbé le démarrage des activités agricoles « . Ce retard a fait que beaucoup de paysans se sont découragés. Certains ont refusé de semé, jugeant inutile de commencer une campagne compromise d’avance, d’autres ont semé mais ont abandonné leur champ sans le sarcler après que les premières semis ont péri faute de pluie. Nous avons constaté une réduction de superficie exploitées en 2011. Comparé à la campagne 2010, Il y a retard à tous les niveau. L’année dernière à la même période la localité de Guereda avait enregistré plus de 300mm de pluie Cette année Moins de 200mm sont tombés dans le département. En 2010, les cultures avaient un niveau avancé. Le mil penicillaire était en maturité laiteuse, l’arachide avait des coques. Mais cette année tout est retardé. Le mil n’est qu’au début de l’épiaison, l’arachide fait à peine apparaître les premières fleures.
Tout au long du mois d’août et à la première décade de septembre, nous avons repris courage puisque les pluies se sont faites plus abondantes et régulières. Pour espérer bien finir la campagne, il faut entre quatre été six grosses pluies en septembre.

Face à cette perturbation en quoi a consisté le travail de l’agent technique d’Agriculture auprès des paysans de la zone.

Lorsque nous avons constaté ce retard de pluies nous avons multiplié les sorties dans les villages pour demander aux agriculteurs de respecter les techniques culturales. Nous conseillons par exemple aux bénéficiaire de semer après telle pluie, de démarier les cultures, les traiter pour prévenir les attaques. Le suivi de l’agent est déterminent car il permet à l’agriculteur de s’adapter à la situation.

Au cas où la campagne s’avère improductive, quelle sont les stratégies possibles que développe votre secteur pour éviter à la population une crise alimentaire ?

Nous allons encourager les bénéficiaires à se tourner vers le maraîchage. Cette culture est introduite dans le Dar Tama depuis années 1980. Avec l’arrivée des réfugiés soudanais, nous avons intensifié la vulgarisation à l’intension des autochtones pour qu’ils exploitent cette voie.

Quelle solution proposez-vous pour mieux s’adapter aux perturbations climatiques.

Il faut vulgariser les semences précoces adaptées au climat de la région. Nous avons préconisé commander dans le cadre du triennal les semences appelées mini doses qui sont sélectionnées et testées par des instituions spécialisées. Il faut en plus de semences précoces intensifier l’encadrement technique en destination des paysans pour qu’ils respectent les nouvelles techniques culturales. par exemple il faut labourer la parcelle avant de semer. Le respect de ces techniques permet aux paysans de produire l’essentiel de leur aliment même en cas de mauvaise pluviométrie.
Pour mieux encadrer les paysans il faut à mon avis une intervention plus structurée. Notre intervention actuelle est disparate car elle s’adresse des ménages. Il faut une approche plus cohérente favorable à la dynamique que nous voulons créer. C’est pourquoi à partir de 2011, nous avons pris opté pour l’approche groupement. Nous ne travaillons plus avec des ménages habitant tel village mais des membres des groupement. Ainsi nous pouvons toucher les paysans dans un cadre structuré où les producteurs ont des objectifs plus clairs. L’approche groupement permettra d’exploiter des parcelle importantes. ce qui favorise en même temps la mise en place des infrastructures communautaires.
L’autre solution c’est de développer davantage le maraîchage dans le cadre d’une filière. Qui dit filière dit production, transformation et commercialisation. Le maraîchage peut aider les paysans à accroître leur revenus s’ils sont plus organisés, produisent plus, transforment et commercialisent leurs produits la où ils peuvent.
Néanmoins le maraîchage tel qu’il est pratiqué actuellement ne peut pas jouer le rôle de solution alternative. L’approche groupement et la création de a filière maraîchage permet de densifier notre appui par la mise en place des infrastructures agricoles telles que les clôtures des parcelle, les ouvrages hydro-agricoles.
Antoine Adoum GOULGUE, Le Blog du SECADEV

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