Parole aux éleveurs

Bokit Adam, un élevage conscientisé

Bokit Adam, 35 ans est devenu éleveur après la mort de son père en 1984. Depuis cette date, il fait de l’Élevage l’une de ses sources de revenus. Il a su tiré profit de la vaccination organisée par les agents du SECADEV dans son village, Mineret. A cette occasion, il a vacciné l’essentiel de son troupeau et espère le préserver de toute attaque.

Bokit Adam, un éleveur conscientisé


Pour moi la vaccination est d’une grande importance, car elle protège mon troupeau. Je tire l’essentiel de mes ressources de l’élevage et je ne veux pas rater cette occasion sachant que depuis trois ans, nos animaux n’ont pas été vaccinés. J’ai fait vacciner 176 bœufs qui seront à l’abri en cas d’épidémie.
Il y a des maladies qui sévissent dans notre localité dont nul ne sait les causes. Il n’y a que la vaccination qui peut protéger les animaux.
Chaque année, les humanitaires vaccinent les animaux des réfugiés. Je ne sais pas pourquoi pas les nôtres mais lorsqu’on nous offre l’occasion il faut en profiter.
Par an, je vends une trentaine de bœufs. L’argent que je gagne me permet de faire le commerce pour subvenir aux besoins de ma famille composée de mes huit enfants, mes trois femmes et autres proches parents dont j’ai la charge. C’est la raison pour laquelle je ne vais pas hésiterd’en profiter de toutes les occasions pour protéger mes animaux. Il vaut mieux dépenser 75Fr, 50Fr, ou 25Fr que de perdre un bœuf !

Bassi et le rôle de la femme dans l’Élevage

Quelle place occupe la femme dans la conduite de l’Élevage c’est la question posée à Bassi, une femme de 40 ans habitant Mineret.

Bassi, conduisant son troupeau à la vaccination


Je suis mère de sept enfants et je pense que sans l’élevage notre existence serait difficile. Nous vivons des produits de l’élevage, le lait, la viande mais aussi l’argent que nous gagnons en vendant sur pied un bœuf ou un mouton.
Lorsqu’on m’a donnée en mariage, mes parents m’ont offerts en cadeau quatre bœufs. C’était le signe qu’ils se soucient de mon avenir de femme au foyer. J’ai confié la direction de ces animaux à mon mari qui avait lui aussi son troupeau. Le tout était devenu depuis lors un seul troupeau.
Depuis que j’ai confié mes animaux à mon mari je n’ai pas à savoir quel animal m’appartient Touts les animaux de la maison m’appartiennent, je n’ai pas à m’occuper particulièrement des miens puisque tout appartient à tout le monde.
Si j’ai des besoins spécifiques tels que l’achat des équipements de la maison, les habits,… je le fais savoir à mon mari qui en a la responsabilité. Il peut décider de vendre un bœuf, un chameau, un mouton. C’est lui qui doit amener l’animal au marché et me ramener l’argent dont j’ai besoin. Je n’ai pas à savoir combien a rapporté la vente d’un animal.
En tant que épouse, je dois m’occuper normalement des animaux, c’est-à-dire les abreuver, les conduire au pâturage surtout encourager mes enfants à le faire car ce sont eux qui prendront la relève. En l’absence de mon mari, toute la charge du troupeau me revient.

Propos reccueilis par Antoine Adoum Goulgué,
Le Blog du SECADEV

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