Une journée en compagnie des agents vaccinateurs.

Au 28e jour de l’opération, les éleveurs du canton Lima situé à 35 km de Guereda ont accueilli à leur tour l’équipe des agents vaccinateurs. 459 d’animaux, exclusivement des bœufs ont été vaccinés. Récit d’une journée de vaccination.

Une veau surpris par trois vaccinateurs


Le jour se leve progressivement à Guereda après une nuit d’orage. De l’horizon, le soleil, partiellement masqué par un amas de nuages gris déploie un faisceau de rayons. La ville se réveille timidement en ce troisième jeudi du mois du Ramadan. Dehors, les rues sont désertes. Pas le moindre signe activité mis à part cette conversation entre les agents vaccinateurs qui se préparent pour effectuer une sortie de vaccination dans les villages du canton Lima.
A sept heures et quart, l’équipe composée de huit personnes embarque dans la Toyota Hard Tope. Le jeune chauffeur se lance sur la piste de Biltine et son véhicule se mêle à ceux des transporteurs particuliers. Bercés par le ronronnement du moteur, égayés par la verdure dont s’est revêtu le paysage montagneux, les vaccinateurs arrivent à Lima sans s’apercevoir de la distance parcourue. A cette étape, elle se subdivise en deux groupes de quatre. L’un s’installé à Lima, l’autre change de piste pour gagner Mineret le second site de vaccination après vingt petites minutes de course.
A mi-chemin entre Guereda et Birack, le canton Lima est peuplé d’agro-pasteurs.
C’est une traditionnelle zone d’intervention du SECADEV. En 2004, ces localités ont accueilli les réfugiés soudanais venant de l’autre côté de la frontière et partagent depuis lors les ressources, l’eau la terre et le pâturage.
Mesurant les effets négatifs de la présence des réfugiés, le SECADEV a toujours plaidé en faveur d’une intervention équilibrée en destination de toutes les populations en présence, réfugiées et autochtones. Les projets mis en œuvre pour les réfugiés comportent des volets en faveur des populations des villages environnants pour aider celles-ci à se remettre de la venue des réfugiés. Ainsi, la vaccination du bétail prend en compte tant les troupeaux des éleveurs refugiés que ceux des autochtones tel fut le cas de Lima.

A Mineret
La vaccination à Mineret a porté exclusivement sur l’espèce bovine. Ce choix des éleveurs explique l’importance de l’élevage bovin dans l’économie rurale. Selon Bokit Adam, porte-parole des éleveurs, les autres espèces notamment les petits ruminants, les ânes, les chevaux et les dromadaires seront vaccinées le lendemain.
A défaut d’un parc, la vaccination à Mineret devait se dérouler dans un enclos construit pour la circonstance.
Une courte concertation entre éleveurs et vaccinateurs a précédé le démarrage de la vaccination histoire de se repartir les tâches. Les éleveurs propriétaires, armés de bâtons ont eu pour tâche de rabattre les bêtes vers la sortie de l’enclos où les trois agents vaccinateurs devaient se poster. Un agent, le quatrième devait ravitailler les vaccinateurs en flacon de vaccins pour leur permettre de rechanger leur pistolets chaque fois que nécessaire.
L’opération a démarré à 9 et 18 mn heures avec la battue déclenchée par les éleveurs. Le calme qui prévalait au sein du troupeau est rompu. Aux cris des animaux apeurés se mêlaient les hélées des élevers.
Acculé, le troupeau s’est mis en mouvement mais pas un mouvement régulier. Tantôt, les bœufs avancent en masse, tantôt, se détournent sur les cotés ou pire effectuent un brusque recul. Mais c’est sans compter avec la détermination des éleveurs qui, malgré le jeûne se faisaient tenaces en les contraignant à la sortie.
L’esprit alertes et les bras agiles surtout adroits, chaque agent vaccinateur armé de pistolet de vaccination devait injecter chaque fois qu’une bête venait à franchir la porte. On les voyait manipuler leur outil comme des soldats engagé dans un combat sans merci. La seule pause qu’ils s’offraient est celle consacrée à recharger le pistolet. D’un geste machinal et pressé, l’aiguille du pistolet perce le flacon à l’endroit indiqué, d’un coup de doigt, le vaccin est extrait et l’on se débarrasse du flacon vide qui choit dans un bruit sourd et la partie reprend avec la même frénésie.
Après une heure trente minutes, le parc s’est vidé de sa population. Il n’y eu au sol que des déjections et de traces des animaux. Les bêtes se enfuies du site après avoir pris au passeg les doses de vaccins. Satisfaits de l’opération, les éleveurs et leurs hôtes les vaccinateurs se sont assis pour faire le recouvrement des coûts. Une somme 34425 Fr correspondant à 459 bœufs vaccinés a été réunie à Mineret. Antoine Adoum Goulgué, Le Blog du SECADEV

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