Hilé Mahamoudi enregistre un retour massif de sa population

Pour le gouvernement tchadien, 2011 est l’année du retour des personnes déplacées internes à l’est du Tchad. A Hilé Mahamoudi, près de Borotha, plus de la moitié de la population du village est de retour. Dans le département de l’Assoungha, les déplacés de tous les sites se préparent à un départ massif.

Des ruines qui rapellent les années noires


L'espoir renaît dans le village

A deux km de Borotha, le chef lieu du canton Kado, se trouve le village Hilé Mahamoudi peuplé de 427 ménages. Le village a fait peau neuve après que sa population est de retour après six années passée dans des sites des personnes déplacées internes. Les habitations sont de construction récente. Mais ces nouvelles constructions contrastent avec des ruines lugubres qui rappellent les années de raids Djandjawids. « Regardez ces maisons en ruines, elles ont été incendiées par les Djandjawids. Tout le village a dû fuir pour trouver refuge à Goundang », se souvient le chef du village Khalil Mahamat Hassan. Aujourd’hui, grâce à la normalisation des relations entre le Tchad et le Soudan, l’Est du Tchad connaît une stabilisation significative et la population commencent à reganger le village. « 270 ménages sont de retour entre 2009 et 2011. 150 autres sont encore restés sur le site de déplacés de Goundang et ne tarderont pas à renter. », affirme, Khalil.
Dans tout le département de l’Assoungha dont dépend Borotha, le processus du retour est bel et bien enclenchée. Lors d’une réunion tripartite ayant regroupé à Arkoum les personnes déplacées, les autorités administratives et traditionnelles et les acteurs humanitaires, la date du 25 mai a été fixée comme le début du retour des déplacés.
Certains déplacées regagnent directement leur village d’origine tandis que d’autres préfèrent s’installer dans les grandes centres tels que Goungour et Borotha où ils estiment que leur sécurité est garantie. Ainsi Borotha, le chef lieu du Kanton Kado est retenu comme le principale site de retour pour les déplacés.
Ce retour à mi chemin s’explique par le fait que certains familles ne sont pas près de regagner leur village pour des raisons de sécurité. La sécurité préoccupe tout le monde y compris les déplacés retournés dans leur village d’origine. « Maintenant la population est massivement rentrée mais nous voulons que la sécurité soit assurée parce que notre village est tout proche de la frontière. Nous craignons que les bandits reprennent leurs attaques contres nous« , redoute le chef du village Hilé Mahamoudi.
Pour Younous Ibrahim, sous-préfet adjoint de Borotha, par ailleurs chef traditionnel de la localité, la sécurité est la plus grande priorité des autorités administratives.
Outre la question de sécurité, les retournés souhaitent voir les conditions d’existence s’améliorer dans les villages de retour. Pour ce faire, le gouvernement tchadien en partenariat avec le PNUD a initié un vaste programme de réhabilitation de l’Est. Le projet PAGRAR qui aide les retournés à entreprendre des activités génératrices de revenus grâce à la transformation et la commercialisation des produits locaux vise à créer les conditions du retour. Un autre projet de relèvement financé par l’Union Européenne vise à appuyer les déplacés et retournés à accroître leur productions agricoles pluviales et maraîchères.
Pour les autorités locales, ces projets qui encourage au retour des déplacés méritent d’être salués et encouragés. « Nos populations commencent à regagner leurs villages et il faut les encourager à se réinsérer socialement et économiquement. Je me félicite des appuis donnés par le PNUD à travers le projet PAGRAR », dit M.Younous. Cette autorité estime qu’accroître la production agricole ne suffisent pas. Il faut à son avis prendre en compte les questions de l’Eau, la santé, l’éducation, voire l’entretien des pistes rurales pour permettre à la population d’écouler ses produits.
Les acteurs humanitaires sont sensibles à ces questions vitales. L’UNCHR en collaboration avec ses partenaires d’exécution envisagent de réaliser certains ouvrages hydrauliques comme mesures d’accompagne au retour des déplacés.
L’Est du Tchad a subi les conséquences de la crise du Darfour. Au total 180 000 personnes ont quitté leur villages entre 2004 et 2005 pour trouver refuge plus à l’intérieur du pays. Le Canton Kado à la frontière avec le Soudan compte parmi les localités les plus frappées par ce phénomène. Ce canton a été tantôt pourvoyeur des personnes déplacées tantôt localité hôte des déplacés.

Antoine Adoum Goulgué, Le Blog du SECADEV

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