Projet d’accompagnement au retour des déplacés à l’Est du Tchad: Une évaluation à mi-parcours

Après la remise des équipements agricoles en décembre 2010, le projet PAGRAR par définition Promotion d’activités génératrices de revenus en accompagnant au retour les personnes déplacées internes à l’Est du Tchad a fait l’objet d’une revue à mis parcours le 18 et 19 mai. La revue a vu la participation des acteurs impliqués dans l’élaboration et la mise en œuvre du projet à savoir le gouvernement tchadien représenté par le ministère du plan et le ministère de l’agriculture, le PNUD, La FAO et le SECADEV, le maître d’ouvrage.

Un moulin à mil à Borotha Damiré


A Goungour, 50km au sud-Est d’Adré, la délégation a visité un magasin de stockage des produits agricoles, et une machine décortiqueuse d’arachide. Le magasin, construit en matériaux durables a été réceptionné en avril, comme le confirment les membres du groupement. Ce bâtiment de huit mètres sur cinq peut contenir 1 500 sacs selon les estimations de la FAO. A peine réceptionné, le bâtiment est utilisé par la population. L’on y trouve stockés en sacs des produits agricoles tels que la tomate séchée, du mil, l’arachide, le gombo, etc. « avec la construction du magasin, nous allons conserver nos produits à l’abri des incendies, des insectes et des rongeurs », se félicite Mahamat Moussa Abdallah, président du groupement bénéficiaire.
Pour rentabiliser l’ouvrage, les producteurs membres du groupement déposent leurs produits contre un frais de 50 franc par sac et par mois. Les autres payent 100 F de frais de stockage mensuel par sac. Quatre magasins de ce type ont été construits dans le département de Assoungha par le projet PAGRAR et plus précisement à Hilé Mahamoudi, Borotha Damiré, Goundang, Borotha Doumdoum. Ces ouvrages ont été visités par la mission d’évaluation.
Quant à la décortiqueuse, elle est installée à Goungour il y a trois mois en faveur de Nguisma, un groupement de 27 personnes, majoritairement des femmes. La machine est mise en exercice depuis son installation, renseigne les bénéficiaires. L’unité de transformation est installée sous un hangar construit par le groupement en guise de participation au coût du projet. Au vu des débris entassés dans la cour, la machine est fonctionnelle depuis un certain temps. Fatimé Adoum Ibrahim, la présidente confie à la mission que le groupement a réalisé un bénéficie de 50 000 f CFA grâce à la décortiqueuse. Il se pose toutefois un problème de ravitaillement en arachide car la machine est installée après la période de récolte, par conséquent une grande partie de la production a été déjà décortiquée. « L’année prochaine notre groupement va réellement tirer profit de sa décortiqueuse », espère Fatimé.
Le lendemain à Borotha, localité situé à 85 35km au sud-Est d’Adré, et chef lieu du canton Kado, la mission a découvert d’autres réalisations mais aussi d’autres types de bénéficiaires. Il s’agit d’une presse à huile à Hilé Mamoudi, un village situé à deux kilomètres de Borotha, un moulin à mil et des séchoirs solaires au village Borotha Damiré.
A Hilé Mamoudi, la délégation a visité deux équipements, une presse à huile (machine à transformer l’arachide en huile) offerte au groupement Tabaldi et un magasin de stockage de produits agricoles. Les visiteurs ont été agréablement surpris à cette étape. Au lieu d’une simple rencontre avec les bénéficiaires comme d’ordinaire, ils ont eu droit à une danse organisée en guise d’accueil. Un groupe de femmes, plus d’une centaine se tenait sous un tamarinier pour souhaiter la bienvenue aux visiteurs. Elles agitaient leur voile, chantaient air en Massalit. On les entendait dire dans la chanson choukran SECADEV, choukran PNUD, choukran FAO (Nous remercions le PNUD, la FAO, et le SECADEV).
La rencontre proprement dite a débuté par un jeu de questions/réponses entre les membres du groupement et la délégation histoire d’échanger sur la pertinence des installations, leur utilisation effective, surtout leur rentabilité.
Le groupement à travers les sept membres du bureau a dit sa satisfaction pour avoir bénéficié de la presse à huile qu’il compte exploiter pour financer les activités du groupement.
Deux fois par semaine, la machine est mise en service. Les utilisateurs membres du groupement payent 175f pour moudre deux kg d’arachide, les autres payent pour le même service 200 fr. Pour les femmes du village, c’est la fin des va-et-vient entre leur village et Borotha où elles devaient s’y rendre pour faire extraire l’huile. Les recettes issues de l’exploitation de la machine vont dans la caisse du groupement. Une partie sert à l’entretien de la machine, à l’encouragement des personnes qui travaillent à la machine et à l’achat du carburant. « A l’heure actuelle, nous avons une recette de 65 300 f », informe Halimé Ahama Mahamat, la trésorière du groupe.
Par contre le groupement déplore une forte demande d’arachide en grain du côté du Soudan. Par conséquent les producteurs préfèrent vendre leur arachide en grain plutôt que de la transformation en huile. Ce qui pénalise l’activité extractive de l’huile d’arachide.
Sur son chemin de retour de Hilé Mahamoudi, la délégation s’est arrêtée à Borotha Damré, un autre village de retournés bénéficiaires d’un moulin à mil. Comme la presse à huile, le moulin est octroyé au groupement Charmoushi qui l’exploite en vue de faire des recettes et renflouer la caisse du groupement.
Les dernières réalisations visitées par la délégation sont des séchoirs solaires. Ces outils de transformation et de conservation des produits sont d’une importance évidente surtout pour les femmes qui doivent faire sécher leurs produits pour être mieux conservé. Dans une famille prise au hasard, deux séchoirs chargés de produits à faire sécher (mangue, viande) ont été visités.
La visite s’est achevée en début d’après midi sur une note de satisfaction.
Antoine Adoum GOULGUE, Le Blog du SECADEV
Plus de détails sur le projet PAGRAR
La restitution de l’évaluation


Les membres de la délégation et quelques ouvrages réalisés par le projet

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