Les étapes de la mission à Guereda

A l’issu de sa mission à l’Est du Tchad, le chargé des programmes de Caritas Danemark, David Nielsen a effectué deux sorties en dehors de Guereda. Le premier jour, le six avril, il a visité le camp de Milé et ses environs notamment Aka, Koursigué et Milé Dourné. Le lendemain, c’était le tour du camp de Kounoungou, et deux autres localités Iwiri et Amadina. d’accueillir la mission.

Jour I, mercredi six avril 2011

Aka la première étape

Une unité de production de moutons à Aka


Ce village de 700 âmes est situé à une dizaine de kilomètres à l’Ouest de Guereda. La délégation de Caritas Danemark/UNAD/SECADEV devait visiter ce six avril une unité de production de moutons octroyée sur les fonds du EA à Guemisa, un groupement qui a quatre ans d’existence. Abdoulaye Doungousse, le président du groupement entouré de quelques membres attendait la délégation à son domicile. Non loin de la cour, un enclot est aménagé pour garder l’unité de moutons composée de sept brebis et un bélier. Les visiteurs arrivent à 8heures 45 escortés par les éléments du DIS. Le calme habituel du village est perturbé ; les moutons sont apeurés, le petit chien de garde aux aboies, les villageois accourent.
Après les gestes et paroles d’accueil, les échanges commencent. Pourquoi le groupement Guemsa a opté pour une unité de production comme activité génératrice de revenu, quel est le processus de mise en œuvre de l’activité, quelles sont les dispositions prises pour assurer l’alimentation, les soins des moutons, telles sont les préoccupations exprimées par les visiteurs. Selon Alladoum, responsable du suivi de l’activité, l’unité de production des moutons peut générer des revenus au groupement car dit-il, après un an, le groupement aura au moins un troupeau de 15 moutons si chaque femelle met bas un petit et qu’il n’y a pas de disparition. C’est ce qu’exprime en d’autres termes le président du groupement : « L’Élevage est comme le commerce. Le capital génère des bénéfices que nous pouvons utiliser à d’autres fins ou réinvestir dans l’activité ». L’Elevage génère de revenus en ce sens qu’au fur et à mesure que croît l’effectif, les moutons mâles ou âgés sont vendus pour gagner de l’argent.
En plus de l’unité de production de moutons, le groupement Guimesa a bénéficié grâce au même projet des semences pluviales (mil, arachide, niébé, Pastèques). Repartir en haut de page.

Koursigué Malaga, un village qui aspire au progrès

Le groupement de Koursigué Malaga lors de la rencontre avec la délégation


A l’Est du camp de Milé, le village Koursigué Malaga se situe à sept kilomètres. C’est un village qui aspire au développement mais les structures de base, l’école et le dispensaire manquent de personnel. Sur le plan associatif, la population a besoin d’un éveil de conscience pour s’investir à fond dans les actions de développement. « Avant Koursigué était mort. Maintenant il se remet à vivre grâce à l’encadrement des agents du SECADEV », témoigne Mahamat Hassaballah, un habitant du village. Les agents du secteur activités génératrice de revenus (AGR) ont organisé des séances de mobilisation et de sensibilisations qui ont été couronnés de succès. Le groupement du village a été restructuré et a bénéficié d’un crédit de 320 000 octroyé en juin 2010 sur les fonds EA.
A l’instar d’Aka, le groupement de Koursigué a bénéficié des semences du EA ayant servi à l’exploitation d’un champ communautaire. « Nous avons récolté 18 sacs de mil et 4 sacs d’arachide » a déclaré le Président Ousman Yacoub.
« A l’avenir, nous voulons disposer d’un magasin de stockage, d’un moulin, d’un puits et créer un mécanisme d’assistance », projette le président.
La délégation, par la voix de Moyangar Kigata, l’Assistant du Directeur a attiré l’attention des membres du groupement sur les querelles qui peuvent nuire à la vie du groupement. Repartir en haut de page.

Kaltouma Hassan Mahamat expose les problèmes des femmes de Koursigué

Les problèmes des femmes vus par Kaltouma, une veuve du village


Les femmes de Koursigué souffrent beaucoup. Cela est dû au manque de revenu. Dans les ménages nous n’avons presque rien pour subvenir aux besoins de nos familles. Les denrées de première nécessité manquent. Je parle de tout ce qu’il nous faut pour bien vivre, qu’il s’agisse du mil, du sucre, de l’huile, du thé… Cette année, grâce à Dieu nous avons récolté un peu de mil et d’arachide. Mais nous seront obligées de vendre une partie pour acheter les denrées qui manquent.
En plus des besoins alimentaires, nous avons d’autres besoins tels que les habits, les soins de santé, la scolarisation des enfants. Au niveau du village, les femmes font face au problème d’eau. Il n’y pas de puits dans le village. Il y a beaucoup de problèmes de santé parce que le dispensaire n’a ni infirmiers ni médicaments. Nous sommes obligés de transférer nos malades au dispensaire du camp de Milé. Il n’y a pas de moulin dans le village, les femmes vont au camp pour faire moudre le mil.
C’est pourquoi nous nous tournons vers les organisations de développement pour nous aider à augmenter nos revenus et subvenir à nos multiples besoins. repartir en haut de page

Le témoignage d’un bénéficiaire, Mahamat Hassaballah

Mahamat Hassaballah faisant son témoignage


Les agents du SECADEV, en particulier Désiré [ Beuvourné] et Théodore nous ont appris beaucoup de choses. Je me souviens que lors de leur visite à Koursigué, ils nous disaient « votre village est grand et ne mérité pas de vivre dans ces condition difficiles. Ils nous ont fait part de leur volonté de nous aider à améliorer les conditions de vie de nos populations. Chaque fois que nous leur posons un problème, ils nous demandent quelle est notre appréciation de la situation, surtout comment nous entendons y apporter des solutions. Ils nous ont appris à cultiver, à faire le commerce, faire l’Elevage, à bien gérer la caisse du groupement. Grâce à ces formations, les femmes du village savent faire beaucoup de choses.
Pour tous ces efforts nous remercions infiniment le SECADEV. Repartir en haut de page.

Milé Dourné, une formation mobilise tout un village

Une vue de la formation sur le composte à Milé Dourné


Les habitants de Milé Dourné se sont donné rendez-vous au site maraîcher pour une formation sur le composte, une fofrmation offerte par le SECADEV. La délégation est arrivée au bon moment car la formation ne faisait que commencer. Trois fosses de démonstration, un tas de fumier, de la paille, de la chaux vive et de la terre, tout était fin prêt. Les participants, en majorité des femmes ont formé un cercle autour des formateurs. La méthodologie adoptée est concrète. Explications, démonstrations et essais par les participants. La première phase de la constitution du composte se fait dans une des fosses où sont entassés par couche la paille, le fumier, la chaux et la terre, le tout arrosé à chaque étape d’une quantité d’eau. Soumis à la chaleur et à l’humidité, le contenu décomposé sera transféré dans la deuxième fosse puis dans la troisième où il peut être utilisé. Le fertilisant naturel sera répandue sur les surfaces cultivées pour accroître la production.
Grâce à cette formation, les maraîchers peuvent désormais fabriquer eux-même du composte comme l’a dit l’un des formateur Adoum Maharouf. Par sa pertinence la formation a drainé plus de monde que prévu, une centaine au lieu de 50. repartir en haut de page

Jour II, jeudi sept avril

Iwiri: la fin de la corvée d’eau pour les femmes du village


Par le passé, la population d’Iwiri à l’Est du camp de Kounoungou s’approvisionnait en eau d’un puits traditionnel très éloignés du village. « Avant je mettais trois heures pour ramener de l’eau dans ma maison », se souvient Kadidja Yaya Assan, une femme de cinquante ans habitant le village Iwiri.
Aujourd’hui, les femmes du village à l’image Kadidja sont libérées de cette corvée journalière. Elles ne mettent qu’une dizaine de minutes pour obtenir de l’eau depuis que le SECADEV a construit un puits villageois. C’est un ouvrage de 9,30 m de profondeur dont la durée de vie est estimée à 20 ans. En visitant cet ouvrage, la délégation a mis le comité de gestion du puits devant sa responsabilité, celle de veiller à la bonne utilisation du puits. « SECADEV a creusé le puits pour vous et c’est vous d’entreprendre les travaux d’entretien« . A dit Assan Atapake aux membres du comité venus accueillir la délégation.
Outre la réduction du temps consacré à la recherche de l’eau, les habitants trouvent une nette différence entre l’eau du puits traditionnel et celle du nouveau puits. « L’eau du puits est claire et sans odeur », s’en réjouissent les bénéficiaires. Les habitants de ce village promettent de permettre aux villages enviroonnants de puiser l’eau de leur puits. Ce qui obéit à l’approche du SECAEV qui fait de ses réalisations des facteurs de cohésion et de paix entre les communautés. Repartir en haut de page.

Les groupements maraîchers d’Amadina, l’exemple à suivre

Le groupement Fila de Amadina exploitant un site de deux hectares


Les membres des groupements Fila et Darmal du village Amadine sont convaincus d’une chose, unir leurs forces pour produire. Au lieu d’exploiter de sites isolés, ils se sont regroupés dans un périmètre de trois hectares où ils cultivent plusieurs plantes maraîchères: Tomates, laitue, carotte, oignon, ail, betterave, roquette cultivé. Ceci facilite selon eux la protection du site contre la divagation ainsi que le financement de ouvrages tels que les motos pompes et du matériel de travail. Le groupement Darmal compte 38 membres et Fila 20. Hommes, femmes, jeunes et veillards étaient présents sur le site où devait passer la mission des bailleurs. La mission a eu confirmation des différents appuis à eux apportés par le SECADEV notamment la construction d’un puits maraîcher et des canaux d’irrigation. Au titre de la campagne en cours, les maraîchers ont reçu des semences et des outils.
Les groupements d’Amadina n’attendent pas tout du SECADEV. Ils produisent eux-mêmes les semences pour ne pas dépendre à ce point de vue du SECADEV. Les semences produites localement sont celles de l’oignon, de l’ail, de la tomate, de la laitue.
En projet les deux groupements sollicitent l’appui du SECADEV pour la clôture du site, la mise en place d’un grenier communautaire, l’achat d’équipements agricoles genre charrue.
Les visiteurs ont félicité les deux groupements pour leur dynamisme et les a encouragé à faire davantage s’ils veulent compter sur l’appui du SECADEV et ses partenaires extérieurs.
Antoine Adoum Goulgué, le Blog du SECADEV
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Les images de la visite

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