Recencement des abris dans les camps des réfugiés

L’activité humanitaire qui focalise l’attention des agents de SECADEV en ce début d’année c’est le recensement des abris dans les camps de Kounoungou et de Milé. L’opération a démarré il y a deux semaines et se poursuivra au mois de mars. Ce recensement, vu son aspect méticuleux mettra à la disposition des acteurs humanitaires de précieuses informations sur le vécu quotidien des réfugiés.

La tente, l'abri dominant au début de l'urgence

Après sept ans l'habitat du camp a changé(Farchana)

Après trois semaines, le camp de Milé a recensé 1 101 ménages. A Kounoungou l’opération a été suspendue pour une semaine et reprend en mars.
Le recensement se déroule sur la base d’une fiche de recensement, outil de collecte des données conçu par l’UNHCR et mis à la disposition des agents du SECAEV chargés de conduire l’opération. Elle sert à collecter les données sur la superficie totale occupée par chaque famille réfugiée, celle occupée par les abris, c’est-à-dire les tentes, les cases, les hangars, les lieux d’aisance (toilettes douche) et les magasins. Le nombre d’arbres plantés dans la concession, l’espace non occupé, la nature des matériaux de construction utilisés par les familles réfugiées sont entre autres les centres d’intérêt de l’opération. La superficie des abris met en exergue l’espace libre existant dans chaque famille. Ces espaces libres servent tantôt d’exploitation potagère ou d’enclôt pour les animaux.

Les données recueillies sur 1 101 familles au camp de Milé renseignent que les familles n’occupent pas les mêmes superficies même si les standards prévoient 45 m2 par famille refugiée. Certaines familles occupent plus d’espace que d’autres. Cette famille de trois personnes, détentrice de la carte de menu N° 0961172 occupe 204 m2, soit 68 m2 par personne tandis qu’une autre famille (carte N° 0954487) occupe 160 m2 pour sept personnes, soit 22 m2 par personnes. La première famille dispose de 166,33 m2 d’espace libre tandis que la seconde n’en dispose que de 98 m2. Le nombre d’abris existants est un autre facteur de différenciation d’une famille à une autre. L’occupation d’un grand espace par une famille n’implique pas pour autant que les personnes qui y vivent sont bien logées. La famille détentrice de la carte 0961172 a cinq abris dont un seul tient lieu de chambre à coucher. Et l’on se demander si les trois membres de la famille dorment tous dans l’unique pièce? sinon quel est le sort de ceux qui n’ont de dortoir que les hangars ?

Les données révèlent un indice de promiscuité dans certaines familles. Dix personnes vivent dans une concession où il n’y a qu’une seule case et un hangar malgré les 119 m2 d’espace libre disponible. S’agit-il d’une femme et de ses enfants ? Même si c’est le cas, il y a une forte probabilité qu’il y ait de grands enfants qui partagent la même pièce avec leurs parents et c’est bonjour la promiscuité.
La description de l’habitat renseigne que la tente, l’abri dominant au début de l’urgence perd du terrain en faveur de la case au mur en terre battue. Ce type d’habitat gagne du terrain tandis que le toit de chaume reste dominant. Du mur au toit, les hangars sont majoritairement construits en paille et les lieux d’aisance sont généralement constitués d’une clôture en terre battue mais sans toit.

Le recensement permet aussi de constater l’existence d’arbres dans les concessions. Il y’a des familles qui ont planté cinq à sept arbres dans leur cour, d’autre n’en ont pas planté un seul. Comme quoi, le recensement des abris va mettre à la disposition de l’UNHCR et ses partenaires de précieuses données qui conduiront à de prises de décisions.
L’opération permettra également d’évaluer avec précision le besoin en abris et pourra, espérons-le améliorer la protection des personnes en termes de logement. La situation des personnes vulnérables sera ainsi mieux cernée en vue d’une assistance spécifique. L’occupation anarchique de l’espace par certaines familles trouvera une solution quand on sait que les populations autochtones ne sont pas prêtes de céder le moindre mètre carré aux réfugiés comme on l’a constaté lors du dernier transfert de réfugiés au camp de Milé en mai passé.
Antoine Adoum Goulgué,Le Blog du SECADEV

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