Le point sur le conflit Éleveurs/Agriculteurs au Mandoul

La récurrence des sécheresses au Tchad oblige les éleveurs dont la zone d’attache est le Nord à descendre plus au sud, notamment dans la vallée du Mandoul. Cette région riche en ressources naturelles connaît assez régulièrement des heurts entre éleveurs et Agriculteurs. Depuis deux ans, la tendance est à l’amélioration de la situation sans qu’une solution définitive ne soit trouvée au problème.

L’eau et la terre, objets de convoitise

« Le 3 décembre dernier, deux colonnes de 100 cavaliers nomades se sont mises en ordre de bataille contre la population de la sous-préfecture de Beboro dans le Mandoul. Mais elles en étaient empêchées par les éléments de la Gendarmerie », informe Madjirangar Alkoa, responsable de l’Association pour la récupération et l’encadrement des enfants en détresse (ARED). La difficile cohabitation entre Agriculteurs et éleveurs a causé tant de dégâts ces dix dernière années. En mars 2004, 21 paysans ont été massacrés à Maibogo (Mandoul) par une centaine de cavaliers nomades. L’objectif de ce raid était de venger un des leurs qui aurait été assassiné par un agriculteur. Le meurtrier du berger a ainsi voulu lui aussi vengé son fils assassiné par un autre berger. En cette période-là, l’engrainge du conflit avait pris une telle tournure que la région était au bord de l’implosion. Les raisons de l’escalade de la violence est la politisation du problème. Les autorités administratives censées maintenir la paix entre les administrés ne pouvaient garder leur neutralité. Aussi, a-t-on été décidé que, éleveurs et agriculteurs règlent eux-même leurs affaires. Cette approche semble être suivie d’effets positifs. « Depuis que le Belacd nous a aidés à créer le comité d’entente, il n’y a pas eu des affrontements meurtriers à Diyei. Nous nous réunissons en cas de litige et des solutions sont trouvées », reconnaît le porte-parole du Mbang de la localité. Les éleveurs du férik voisin, confirment ses propos. « Depuis trois ans, personnes ne va à Koumra pour régler un problème l’opposant à un agriculteur. Nous réglons nos affaires nous-mêmes et pensons que nos relation se sont améliorées ». Néanmoins, le conflit demeure latent et peut ressurgir puisque la dévastation des champs par les animaux se poursuit. « Plus de 1000 cas de dévastation ont été enrégistrés la saison dernière», rapporte le responsable de l’ARED qui crois que le phénomène Enfants bouviers a sa racine dans le conflit éleveurs/agriculteurs. Ces chiffres font dire au Curé de Koumra qui pense qu’il ne faut pas trop tôt déclarer le conflit réglé. L’expérience des comités d’entente mixte éleveurs/agriculteurs semble apporter la paix, mais elle doit être renforcée par d’autres mesures administratives, notamment un nouveau tracé des couloirs de transhumance, souhaite le prélat. Le ministère du Plan et de l’économie a fait dans ce sens un travail préliminaire car les anciens couloirs qui datent de 1970 sont obstrués. « C’est la loi de 1969 qui réglemente de nos jours la transhumance. En 1969 le Tchad comptait combien d’habitants, avec combien de têtes de bœufs ? Nous sommes en 2011 et il faut impérativement qu’une autre loi redéfinisse la pratique de l’Élevage et de l’Agriculture », déclare pour sa part l’Abbé Nguétigal Bertin, Directeur du Belacd de Sarh. L’Église catholique à travers la Commission Justice et Paix et le BELACD, pense qu’il ne faut pas se contenter des couloirs de transhumance. « Imaginez qu’un éleveur possède à lui seul 1000 ou plus de 1000 têtes de bœufs. Comment parviendra-t-il à les surveiller », dit le curé de Koumra. « Lorsque vous confiez la garde de 100 têtes de bœufs à un enfant Sara (l’ethnie dominante du Sud) qui n’a pas la culture de berger, il ne saurait les contenir. Avec ou sans couloirs, les animaux irons dans les champs et c’est le retour à la case départ », renchérit le Directeur du Belacd. Les deux hommes d’Eglise optent pour une solution durable, celle d’inventer une nouvelle forme de pratique d’Elevage et d’Agriculture. En bref il faut aider les deux à pratiquer une Agriculture et un Élevage intensifs plutôt que l’extensif qui nécessite un grand espace pour peu de rendement. Il faut en définitive mettre un terme à l’élevage de prestige et à l’Agriculture de substence pour faire des deux de veritables leviers de l’économie nationale. Ceci passe par une nouvelle pratique d’Elevage et d’Agriculture. Alors on ne produit pas pour le plaisir mais pour satifaire ses besoins et ceux de la communauté nationale soutiennent les deux porte-parole de l’Eglise.
Antoine Adoum Goulgué, Le Blog de SECADEV Allez à la page dédiée au dossier Les activites du Belacd et Diocèse de Sarh

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