Expérimenter la culture de la pomme de terre à N’Djamena-Bousso

Dans le domaine du maraîchage, SECADEV a introduit en 2011 la culture de la pomme de terre dans trois villages dont N’Djamena-Bousso, un village des migrants situé à 7km à l’Est de Bousso. L’expérimentation a pour but d’apprendre aux groupements les techniques de culture de cette plante à haute valeur nutritive..

Semence de pomme de terre


Dans l’immense plaine qui s’ouvre au Nord du village, un petit groupe d’exploitants travaillent sur une parcelle. Ce sont les membres du groupement Madjirabé. Ce jour, ils doivent suivre une démonstration de mise en terre de semences de pomme de terre. L’encadreur, un agent de SECADEV est venu de Bousso. La parcelle de 9 ares est prête. Elle a été préalablement labourée, nettoyée, amandée et irriguée et n’attend qu’à être semée. « Cette Parcelle est réservée pour expérimenter la culture de la pomme de terre et de la tomate. Les membres du groupement connaissent déjà cultiver la tomate mais pas la pomme. L’an passé, nous avons fait une formation théorique sur ce sujet mais cela n’a pas été suivi de pratique », explique Gaïs l’encadreur.

Les semences de la pomme ont été commandées du Cameroun et deux cartons sont prepositionnés pour la démonstration. Huit membres du groupement sur les dix étaient présents.
« La pomme est semée en poquet à intervalle régulier de 30cm », dit l’agent de développement. « Pour bien respecter ce principe, poursuit-il, nous avons apprêté un cordeau (rouleau de ficelle) pourvu de nœuds indiquant la distance inter poquets. Les membres du groupement étaient toute oreille pour écouter ses explications. Après les paroles, le technicien passe à l’acte. Le cordeau est tendu à 20cm au dessus de la surface. A l’aide d’une tige de 30 cm, équivalent à la longueur de l’intervalle entre les poquets, il marque le sol d’un signe et demande à un des exploitants de pratiquer à l’emplacement de chaque signe un poquet. La démonstration est répétée sur toute la ligne. Assuré d’être compris, l’agent tend la mesure à un membre du groupement pour l’exercice. Habitués au travail de la terre, les paysans se sont mis en groupe de deux, l’un faisant des signes au sol, l’autre creusant les poquets. Une fois la parcelle creusée de poquets, vint le moment de la mise en terre des pommes.

Cette séquence commence par une présentation de la pomme à semer. L’agent fait observer l’œil, la parties par où va germer la plantule, il met en terre la première pomme, puis la recouvre de terre. « Tournez l’œil de la pomme vers le haut et appuyez légèrement sur les côtés mais pas sur l’œil, de peur que ça se détruise », conseille-t-il. Plusieurs semeurs se sont mis en position de travail. L’exercice est si vite assimilé que la superficie réservée à la pomme (1 are) fut vite semée. L’irrigation de la parcelle a mis un terme à la séance.

« Nous avons entendu parler de la culture de la pomme et nous avons décidé de l’expérimenter sur notre site, » dit Ngaroudal Augustin, le président du groupement. Le choix porté sur cette culture est guidé par sa haute valeur marchande. La seconde raison est que la pomme de terre n’est pas cultivée dans la contrée de Bousso. Raison de plus pour que les maraîchers de N’Djamena-Bousso en tirent un profit. Après le semi, il faut trois mois de délicat travail d’entretien avant d’extraire les pommes de terre de la terre.
Antoine Adoum Goulgué, Le Blog de SECADEV

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