Comité d’entente Agriculteurs/Éleveurs : Le cas du Village Diyéi

Diyéi est un village de 2 000 âmes situé à 12 km de koumra. La succession des sécheresses au Sahel a fait que le villages a accueilli des sociétés nomades venant du Nord, du centre, voire de l’Afrique de l’Ouest.
Sa population a vécu l’expérience des conflits agriculteurs/éleveurs mais avec la création d’un comité d’entente mixte, la situation s’est améliorée.

Diyéi fait partie de la très convoitée Vallée du Mandoul, car le village se situe seulement à sept kilomètres des bas-fonds riches en eau et en terres cultivables.

« Sa population vit de l’Agriculture, de l’Elevage de petits ruminants et des têtes de bœufs pour la culture attelée », explique Nguealbaye Aimé, un agent du Belacd de Sarh.

Sous l’action des variations du climat, Diyéi accueille des sociétés éleveurs en provenance d’autres régions du Tchad.

Il y a 50 ans, sont arrivées les premières sociétés nomades. Elles étaient en transit dans notre village. C’étaient les Bororo.
Les premiers qui se sont installés aux alentours étaient les éleveurs Misseriés (une tribue arabe > », déclare le porte-parole du Mbang de Diyéi.

Au fil des ans, la cohabitation entre les deux communautés a dégénéré en conflit né de l’exploitation des ressources agropastorales.

Selon les habitants du village, le conflit est né du fait que les éleveurs font délibérément paître les animaux dans leurs champs et usent de la mauvaise foi pour ne pas reconnaître les faits.

Face à ce comportement des éleveurs, les agriculteurs ont décidé de se faire justice en blessant ou en tuant leurs animaux.

« Mais ce qui a déclenché véritablement le conflit entre nous et les éleveurs ici à Diyéi c’est le jour où un jeune homme du village a été agressé dans son champ par des d’éleveurs; ils l’ont tabasé et jusqu’aujourd’hui la victime est restée paralysée », se souvient un habitant du village.

Les éleveurs pour leur part expliquent le conflit par le fait que la population du village augmente sans cesse les superficies cultivées. « Nous sommes tous des Tchadiens et il faut que les agriculteurs comprennent que nous les éleveurs avons aussi besoin d’espace pour nourrir nos animaux ».

Plusieurs heurts ont émaillé cette difficile cohabitation jusqu’au jour où les organisations non gouvernementales telles que le Belacd ont décidé d’intervenir.

L’intervention du Belacd
« A travers le programme d’Appui au renforcement de capacités des producteurs, le Belacd a joué le rôle de facilitateur dans le processus ayant abouti à la création d’une convention interne entre éleveurs et agriculteurs.

La convention a permi de délimiter l’espace et la période de culture et de pâturage », confie l’Abbé Bertin Nguétigal, Directeur du Belacd de Sarh.

« Avant d’arriver à ce contrat social entre éleveurs et Agriculteurs, nous avons organisé des ateliers qui ont réuni tous les acteurs impliqués dans la résolution du conflit, y compris les responsables administratifs de la région du Mandoul.

Ces ateliers ont recommandé la création d’un comité devant assurer la gestion concertée de ressources naturelles de base, c’est-à-dire les bas-fonds « , ajoute Ndilengar Mathurin, Délégué de l’antenne du Belacd de Sarh à Koumra.

C’est dans ce cadre que le comité d’entente ont vu le jour au niveau local, notamment à Diyéi. A travers ce comité, les deux parties commencent à vivre une nouvelle expérience, celle de s’accepter comme des frères.

« S’il n’y avait pas des personnes à Diyéi, nous ne serions pas venus nous installés ici », dit à juste titre le chef du Férik. « Aujourd’hui, les éleveurs et les agriculteurs de Diyéi sont des enfants d’un même père et d’une mère. Nous nous rendons régulièement visite « , recconaît un agriculteur.

La nouvelle convention locale entre éleveurs et agriculteurs est fondée sur des règles qu’ils se sont données et que les deux parties doivent respecter. « Nous voulons que les éleveurs surveillent leur animaux en construisant un étable qui les empêche de sortir la nuit dévaster nos champs.

Parce que nous les femmes ne pouvons pas tolérer que nos maris passent des nuit dans les champs », a martelé Ronelyan Justine, une mère de huit enfants.

Les éleveurs pour leur part demandent aux agriculteurs de réserver des espaces pour faire paître et abreuver leurs animaux.
En définitive, les deux communautés s’engagent à vivre en paix pour trouver ensemble des solutions aux problèmes du village, l’eau, la route, la scolarisation des enfants…

Antoine Adoum Goulgué, Le Blog de SECADEV
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