Le point sur la situation climatique du Tchad.

A l’instar des pays du Sahel, le Tchad est frappé de plein fouet par les changements climatiques. Depuis 1970, considéré comme point de départ de la rupture climatique au Sahel, le Tchad a connu un persistant déficit pluviométrique. Les conséquences sont les terribles sécheresses de 1973 et 1984 dont les effets perdurent.

Cours d'eau asséché Moulkou (Bongor)

Selon le gouvernement tchadien, le désert avance au rythme de cinq kilomètres par an. Cette avancée fait que les trois zones agro-climatiques traditionnelles : désertiques (aride) au nord, sahélienne (semi aride) au centre et soudanienne (tropicale humide) au sud se chevauchent dans un sens Nord-Sud. La végétation en zone semi aride cède progressivement la place à la zone aride, tandis que la savane arborée et la forée claire du sud deviennent de plus en plus semi arides.
Les précipitations subissent une perturbation et les signes les plus remarquables sont le retard de pluie.
« Avant nous semons en avril, mais depuis quelques années, nous attendons la fin mai pour le faire » dit un paysan du village N’Djamena Bousso. En plus du retard des pluies, l’on assiste à des arrêts inhabituels de pluies au mois d’août. Il faut ajouter à cela une mauvaise répartition et un départ brutal des pluies à l’échelle du territoire.
Les hauteurs de pluies enregistrées dans chaque zone baissent en cas de perturbation pluviométrique. Les zones arides et semi arides sont les plus touchées par ce déficit de pluie. Au cours de la période de rupture climatique (1970-2003), il est arrivé que dans la zone sahélienne où les hauteurs de pluies annuellement vont de 250 et 500 millimètres, il n’est tombé que 200 à 300 millimètres par an.
Cette perturbation climatique s’accompagne d’une hausse des températures. Au cours des dernières années, les températures maximales frôlent les 45°C en milieu de journée. Plus les températures s’envolent, plus les cours d’eau s’évaporent et s’assèchent. C’est le cas du Lac Tchad et ses affluents qui perdent leur débits habituels. Le couvert végétal quant à lui se détruit progressivement, laissant un sol nu qui finit par s’appauvrir sous l’effet de l’érosion éolienne.
La disparition du couvert végétal expose d’avantage le pays à l’Harmattan, ce courant d’air sec qui souffle du Nord-Est au sud-Ouest. Ce vent repousse la mousson, le courant d’air chargé de valeur d’eau favorable à formation des précipitations.
Alors que les scientifiques constatent le retour d’une période d’excédent de pluies à l’Est du sahel, une réplique de sécheresse a frappé le Tchad en 2009. Ces variations dues aux changements climatiquex ont eu des conséquences sur la vie socio économique du pays dont les plus remarquables sont la concentration de la population au sud du pays. Les sociétés à dominance nomade du Nord et du centre n’ont ainsi de recours qu’à la transhumance en direction du sud où le pâturage est plus abondant.
Antoine Adoum Goulgué, Le Blog de SECADEV

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