Le point sur la répartition de la population du Tchad

La répartition de la population sur l’étendue du territoire tchadien fait ressortir un net déséquilibre entre le sud et le Nord. Ce déséquilibre est dû à la détérioration des conditions climatiques qui contraignent les populations du Nord à migrer au sud du pays.

Le résultat du recensement général de la population du Tchad de juin 2009 renseigne que la population tchadienne a une densité moyenne de 7 habitants au kilomètre carré. Au cas par cas, il ressort que les régions du sud ont une densité supérieure à la moyenne nationale. Les cinq anciennes préfectures du Sud qui couvrent 10% du territoire ont une densité de 21,8 habitants au kilomètre carré alors que l’ancienne préfecture du Borkou-Ennedi-Tibesti qui représente la moitié de la superficie du pays n’atteint pas la barre d’un habitant au kilomètre carré. La ville de N’Djamena et les régions situées au sud de la capitale comptent 6 291 495 habitants, soit neuf régions, contre 4 982 611 habitants répartis dans 13 régions du Nord et du centre.
Les localités du sud reçoivent chaque année un surplus de population venue du Nord.
Même si une grande partie de ces migrants internes s’installent en ville, une autre partie non négligeable composée d’éleveurs nomades se dirigent vers la campagne en quête du pâturage et de l’eau.
Les terres d’accueil de ces nomades sont entre autres les terres situées au sud du Lac-Tchad, la vallée du Mandoul, la vallée du Chari & du Logone et à l’Est le Ouaddai, le Dar Sila et le Salamat.
« Les premières communautés nomades arrivées dans notre village ce sont les Bororo », se souvient un notable du village Dieyei (Koumra). Des mémoires des agriculteurs rencontrés à Bousso et Koumra, la plus grande vague d’éleveurs venues du Nord du Tchad et qui se sont installées dans les régions du Mandoul et du Chari Baguirmi sont arrivées après la sécheresse de 1984-85. Il s’agit des Arabes Misseriés dont la spécialité est la transhumance sur de grandes distances. Par la suite est arrivée une vague d’éleveurs qui ont tendance à se sédentariser en créant leurs propres feriks tel Korkigna près de Dieyei (Koumra). Des éleveurs à l’instar du chef du ferick de Naray, Mahamat Hamid le disent eux-même: « Nous sommes venus d’Atia (Ati). Suite à la sécheresse de 1985, nous nous sommes déplacés d’un point à l’autre jusqu’à la localité de Bousso. Comme nous avons trouvé que l’endroit est inhabité et paisible, nous avons décidé de nous installer ».
Cette concentration des populations fait que les ressources agro-pastorales se raréfient de plus en plus et cela provoque des conflits entre les communautés exploitantes.

Antoine Adoum Goulgué, Le Blog de SECADEV,

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