Inondations au Sud de N’Djmena, Plus de 5 000 personnes sans abri

Des constructions en poto-poto

Le quartier Walia a disparu sous les eaux des fleuves Chari et Logon sortis en crue depuis fin septembre. Au Carré 28 de Walia Ngoumna, les dégâts sont énormes. Deux milles maisons sont détruites par les eaux, selon Marc Daouda le délégué du quartier.
Au pied de l’École privée Nelson Mandela, devenue point d’embarquement pour des piroguiers affairés, l’eau atteint deux mètres de hauteur. La face nord de l’établissement ressemble à un lac géant. L’école est fermée depuis trois semaines, l’accès à la cour étant gardée par les eaux. À deux pas de là, un homme chassait l’eau de sa cour à l’aide d’une motopompe. Son voisin immédiat, n’ayant pas ce moyen a dû évacuer la maison. En face, en lieu et place du terrain de sport, l’on découvre l’immensité des eaux. Départ et d’autre de ce lac intérieur, les riverains s’activent à renforcer leurs digues en empilant des sacs de sable, tel une tranchée. Je suis un fonctionnaire de l’État, mais aujourd’hui je ne suis pas allé travailler parce que personne ne viendra protéger ma maison , dit ce vétérinaire qui a mobilisé tous les bras valides de sa famille pour renforcer sa digue. Tout le quartier semblait faire la même chose, chacun y allant de sa technique et de ses moyens.
Pour aller de Walia ou pour en revenir, inutile d’utiliser une motocyclette ou une voiture. L’eau a barré les axes qui relient le 9e arrondissement au reste de la ville. Les habitants, du moins ceux qui y vivent encore sont obligés d’apprendre à monter la pirogue, le seul moyen de déplacement.
L’autre moyen d’en sortir est ce pont de planches qui permet à certains piétons de se passer de la pirogue.
A mesure que nous constations ces dégâts, le piroguier nous introduit au cœur du secteur « C », la zone la plus dévastée. Des maisons construites en briques cuites abandonnées, d’autres à moitié effondrées, excepté quelques îlots surveillés par de propriétaires téméraires. Là C’est l’emplacement de la maison de mon cousin. Il a beau élever sa digue mais un jour, alors qu’il était allé travailler, l’eau a tout englouti , m’expliquait Jean Noyoma, porte-parole des victimes. Ce qui restait de la maison c’est la charpente.

C’est un vaste champ de ruines. Tout est rasé. En dehors de ces immenses ruines et des arbres fruitiers, il n’y a pas de traces d’existence humaine. Seule l’étendue d’eau, bercée par cette brise matinale règne en maître absolu. Là où vous voyez l’herbe flotter, c’était un espace vide. Le reste c’était l’espace occupé par des familles, mais l’eau a tout pris , poursuit Noyoma. Au milieu de cette étendue, un mât métalique faisait flotter un drapeau tricolore, le Bleu-Or-Rouge, couleurs nationales du Tchad. C’était une école privée , me soufflait mon compagnon. Une semaine après la rentrée scolaire, cet établissement a dû fermer ses portes et n’a guère de chance de les rouvrir.
Au delà du secteur C, s’ouvre le cœur profond de la vallée du Chari et c’est à cet endroit que les deux fleuves ont fait leur union avant de se lancer à la conquête de l’arrondissement. De proche en proche, l’eau a repris son territoire. Tous les habitants ont quitté le carré « C » sinistré.  Tous, sauf ce chien qui sortait des décombres, pour témoigner sa fidélité à ses maîtres. A notre vu, l’animal bondit sur ses pattes, fit quelques mètres avant d’être bloqué dans sa progression. Nageur, la bête n’a pas eu de scrupule à plonger dans l’eau, et d’une nage sûre et appliquée, s’éloignait sous nos regards amusés. S’il savait que son maître a abandonné la maison, il n’allait pas rester là à garder ces ruines, ironisait le piroguier.
Antoine Adoum Goulgué, Le Blog de SECADEV
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