Le Délégué de l’hydraulique en marge de la journée mondiale de l’Eau

A la fin de la cérémonie d’ouverture de la journée mondiale de l’Eau célébrée à Abéché le 22 mars denier, le Délégué de l’hydraulique urbaine et rurale de l’est, Mahamat Abdéramane Béchir explique les difficultés d’accès à l’eau potable dans sa zone. Il annonce la construction de deux châteaux d’eau dans la ville d’Abéché.

Le Délégué de l'hydraulique, à la cérémonie d'ouverture de la 20e journée de l'Eau

Le Délégué de l’hydraulique, à la cérémonie d’ouverture de la 20e journée de l’Eau

L’est du Tchad, et plus particulièrement la région du Ouaddaï a beaucoup de problèmes d’approvisionnement en eau potable. Actuellement, le taux d’accès à l’eau potable à lest est parmi les plus faibles du Tchad, seulement 26%.
La situation est vraiment difficile dans les grandes villes telles que Abéché et Adré parce que les infrastructures existantes ne peuvent plus subvenir aux besoins de plus en plus croissants de la population. Les périmètres urbains de ces villes ne cessent de s’agrandir, la population a considérablement augmenté. En conséquence, la population est obligée de s’approvisionner dans les puits traditionnels, les marres ou dans les wadis où ils font de petits puits.

Quels sont les facteurs qui contribuent à cette précarité en matière d’eau ?

Ces difficultés sont dues à des contraintes d’ordre naturel. Les conditions hydrogéologiques ne sont favorables parce tout l’est du Tchad repose sur des roches; c’est une zone de socles. Les réserves d’eau sont toujours localisées dans des fractures de roches et cela fait qu’on ne peut pas trouver de l’eau partout comme en zone sédimentaires. Il est difficile de faire un forage, un puits là où on veut. Il faut au préalable faire une prospection géophysique pour localiser les fractures qui contiennent de l’eau. Même après une prospection géophysique, la chance de trouver de l’eau est seulement de 48%. Donc l’est c’est une zone difficile en matière d’accès à l’eau. C’est pour cette raison que les bailleurs évitent Abéché. Si une organisation a un milliard à investir pour la construction d’une infrastructure hydraulique, elle veut gagner un milliard de bénéfice. Mais si des contraintes naturelles l’en empêchent, elle ne va pas prendre le risque. C’est pourquoi les bailleurs fuient l’est pour investir dans les zones sédimentaires où la probabilité de trouver de l’eau est grande.

Que fait le ministère que vous représentez pour améliorer la situation

Le gouvernement est conscient de cette situation. Pour la ville d’Abéché, un projet de construction de deux châteaux d’eau 500 m3 est en cours et j’espère que la fin de cette précarité en eauest prauche. J’avais évoqué dans mon intervention la tenue prochaine d’un atelier qui va mobiliser les fonds en faveur du ministère de l’hydraulique. Grâce à ces fonds, le Tchad pourra atteindre 60% de taux de couverture en Eau potable, un peu au-dessus des OMD fixés par la communauté internationale.

Quel est votre message à l’occasion de la journéemondiale de l’eau ?

La ville d’Abéché est une zone de socles comme je le disais, l’eau se fait très rare. Il faut que les familles sauvent le peu qu’on a à gérer en faisant une gestion rationnelle de l’eau. Je voudrais surtout demander aux familles de faire beaucoup attention à la manière de stocker l’eau destinée à la consommation. Je sais qu’à Abéché le robinet de ne coule pas tous les jours; les familles sont obligées de constituer des stocks, mais stocker de l’eau comporte beaucoup de risques. Il est facile de la faire contaminer si des mesures ne sont pas prises. L’eau qui sort du robinet contient une quantité de chlore résiduel qui détruit les germes responsables des maladies. Mais après quelques heures, le taux de chlore baisse et l’eau est soumise à tous les risques de contamination. C’est pourquoi, il faut de temps en temps renouveler l’eau destinée à la consommation ou la traiter au clore ou à l’eau de javel.
Propos recueillis par Antoine Adoum GOULGUE, Le Blog du Secadev

Lire le compte rendu de la journée mondiale de l’eau à Abéché

La contribution du Secadev dans le domaine de l’Eau

En 28 ans d’intervention à l’est du Tchad, le Secadev s’est investi aux côtés des organisations paysannes en vue de faciliter l’accès à l’eau. Des puits villageois ont été réalisés dans les localités de Bokoro, Mongo, Oum-Hadjer, Guéréda et Adré. Avec l’arrivée des réfugiés soudanais à l’est du Tchad, le Secadev est devenu partenaire d’exécution de l’UNHCR pour la production de l’eau potable dans les camps de Milé et de Kounoungou abritant 38 964 personnes.

Selon les normes internationales, chaque réfugié a au moins droit à 15 l d'eau par jour

Selon les normes internationales, chaque réfugié a au moins droit à 15 l d’eau par jour

L’eau dans les villages tchadiens

« Le plus important pour le Secadev c’est de faciliter l’accès à l’eau à toute la population de sa zone d’intervention », a indiqué Ahmat PAYOUNI, Coordinateur du Secadev à Abéché. Pour lui, il faut avoir de l’eau avant de se soucier de sa qualité or, beaucoup de villages à l’est sont privés d’eau. Ceci contraint la population, en particulier les femmes à parcourir de longues distances pour accéder à un point d’eau.

Cet impératif a conduit le Secadev à réaliser depuis 2004 une vingtaine de puits villageois pour fournir de l’eau à la population. Ce sont de puits ouverts aux parois recouvertes de buses. La réalisation de ces puits vise à compenser le sacrifice consenti par les autochtones en accueillant sur leur sol des réfugiés du Darfour. « Ce n’est pas juste de fournir de l’eau aux réfugiés et abandonner la population hôte à son triste sort. Chaque fois que le Secadev lance un appel à l’aide en faveur des réfugiés, il plaide le sort de la population hôte», justifie Assan ATAPAKAYE, chargé de programmes à la coordination du Secadev à l’est. L’appui apporté à la population hôte vise aussi à créer les conditions d’une cohabitation pacifique entre les deux communautés. Il marque enfin la nouvelle orientation du Secadev amorçant la transition de l’urgence vers le Développement.

Les donateurs qui ont supporté la construction des puits villageois sont les organisations membres de la Confédération Caritas Internationalais dans leur réponse aux appels d’urgence baptisés Special Operational Appeal (SOA) et l’Emergency Appeal (EA) ayant permis au Secadev d’organiser son assistance aux victimes du coonflit du Darfour. La seconde source de financement des puits villageois vient de l’UNHCR qui consacre une partie de l’enveloppe destinée aux réfugiés à financer des projets à impacts rapides (PIR). Grâce aux PIR, le Secadev a construit quatre puits villageois dans les départements de l’Assoungha et du Dar Tama.

L’Eau pour les réfugiés soudanais

Selon les standards internationaux en matière d’eau dans un contexte d’urgence, chaque réfugié a droit à au moins 15 litres d’eau par jour. Le Secadev produit tous les jours de l’eau potable en quantité suffisante pour que chaque réfugié dispose de 17,60 litres d’eau par jour.

Ce résultat est le fruit du partenariat qui le lie à l’UNHCR et à Caritas Danemark, les deux partenaires financiers du secteur Eau. Ces deux donateurs mobilisent les fonds et confient la mise en œuvre des activités au Secadev. L’apport d’Oxfam Grande Bretagne, le troisième intervenant du secteur a permis de mettre en place les installations techniques devant assurer la production de l’eau.

La gestion du secteur de l’eau se fait de manière participative avec l’implication de tous les acteurs. Au départ de cette gestion, se trouve une recension des besoins qui sont traduits en activités soigneusement priorisées et retenues avec l’accord des bénéficiaires, les représentants de la CNAR et de l’UNHCR. A la mise œuvre, le rôle du Secadev, responsable du secteur consiste à veiller au bon fonctionnement des installations pour garantir une production de l’eau. En claire, les agents du Secadev, sont responsables de la bonne conduite des activités, à savoir la production, le transport, le stockage, le traitement et la distribution de l’eau aux refugiés. Ils ont aussi pour rôle de sensibiliser les réfugiés à la gestion rationnelle et saine de l’eau.

Dans le souci de l’auto prise en charge des réfugiés, le Secadev cède certaines tâches au comité des réfugiés qui doit s’approprier la gestion des activités du secteur.
Antoine Adoum GOULGUE, Le Blog du Secadev

« 2013, année de la coopération dans le domaine de l’eau »

Les localités de l’est du Tchad, ont difficilement accès à l’eau potable. C’est dans ce contexte que la journée mondiale de l’Eau a été célébrée le 22 mars 2013 a Abéché et Goz-Beida.
A Abéché, la cérémonie commémorant l’évènement s’est déroulée dans la salle de l’ex-gouvernorat du Ouaddaï et a vu la participation des chefs des services de l’Etat et responsables d’organisations partenaires
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Une vue partielle des participants à cérémonie de lancement de la journée mondiale de l’Eau à Abéché

Une vue partielle des participants à cérémonie de lancement de la journée mondiale de l’Eau à Abéché

« L’humanité ne peut survivre sans une coopération dans le domaine de l’eau », a déclaré en levée de rideau Mahamat Souleymane Béchir, Délégué de l’hydraulique urbaine et rurale. Le responsable de l’hydraulique à lest fait ainsi allusion au thème retenu cette année, consacrant 2013 « année de coopération dans le domaine de l’eau ». Pour lui, cette coopération peut se faire entre les Etats pour exploiter les bassins situés le long des frontières communes. Elle peut aussi se faire entre les habitants d’un village pour la construction d’une motopompe, sans exclure le partage des données scientifiques sur l’eau. Le Délégué a étayé ses propos par deux situations contradictoires qui traduisent la difficulté d’accès aux sources d’eau pour certaines populations tandis que d’autres, jouissant de l’abondance s’illustrent par le gaspillage de cette ressources: « deux personnes sur cinq vivent à proximité de bassins hydrauliques partagés par plusieurs pays alors que 200 réseaux fluviaux ne sont partagés que par deux pays! », s’est-il exclamé. Sa conclusion, la coopération dans le domaine de l’eau est une nécessité et non une option.

M. Seby Bokor, Secrétaire général de la région du Ouaddaï qui a présidé la cérémonie, a quant à lui fait remarqué que le thème choisi pour l’édition 2013 vise  » à sensibiliser à la fois sur les possibilités de développement, de la coopération et sur le défi que représente la gestion de l’Eau face à un accroissement de la demande (…) ». Le Secrétaire général de la région du Ouaddaï a reconnu que l’accès à l’eau potable est une difficulté quotidienne pour ses administrés malgré les efforts déployés jusqu’ici. Aussi, a t-il lancé un pressant appel à l’endroit du gouvernement et ses partenaires en vue de mettre en place un programme d’approvisionnement en eau au Ouaddai, particulièrement dans la ville d’Abéché.

12 ans après la définition des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), 44,3% de Tchadiens ont accès à l’eau potable, renseigne le Délégué de l’hydraulique urbaine et rurale. A l’est du Tchad, ce taux n’est que 26% et serait plus bas dans les villages les plus reculées où la population s’approvisionne en eau aux puits traditionnels ou aux wadis. La situation de l’eau à l’est est si précaire à cause des nombreux obstacles naturels qui empêchent le forage des puits. Ces obstacles découragent les acteurs qui préfèrent investir dans les régions situées en zones sédimentaires.  » Les bailleurs fuient l’est du Tchad parce qu’ils veulent du résultat. Vous comprenez la réticence d’une organisation qui doit investir de milliards si elle sait d’avance qu’elles va échouer « , aa expliqué Abdéramane Béchir.

Le délégué annonce néanmoins la tenue d’un atelier qui mettra en place un mécanisme de partenariat pour mobiliser les ressources nécessaires devant rattraper le retard et réduire de moitié le nombre des personnes n’ayant pas accès à l’eau potable.

La journée mondiale de l’eau a été instituée le 22 décembre 1992 par l’Assemblée générale de l’ONU par Résolution A/RES/47/193. La première édition a eu lieu le 22 mars 1993. Depuis cette date, elle est célébrée tous les 22 mars de l’année.
Antoine Adoum GOULGUE, Le Blog du Secadev
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En savoir plus sur ce que le Secadev fait dans le domaine de l’Eau
Le Délégué de l’hydraulique explique les dificultés liées à l’accès à l’eau dans les localités de l’est

La confédération Caritas Internationalis salue le Pape François 1er !

A l’occasion de l’élection de François 1er, 266e successeur de Saint-Pierre, le Président de la Confédération Caritas Internationalis, le cardinal Oscar Rodriguez Maradiaga, a salué le nouvel élu. Lisez cet article de nos confrères de Rome.

Le Blog du Secadev

Jorge Mario BERGOGLIO, 266e Pape de l’Eglise Universelle

L’Eglise catholique a un nouveau chef depuis le passage à vide dû à la démission de Benoît XVI. Les un milliards deux-cent millions de fidèles sont rassurés de fêter Pâques, la résurrection du Christ sous une nouvelle direction, celle de l’ancien Evêque de Buenos Aires, Jorge Mario BERGOGLIO, élu 266e successeur de Pierre à la tête du Diocèse de Rome.

François 1er se confie à la prière dès son élection

François 1er se confie à la prière dès son élection

Un collège des cardinaux resté soudé

Le choix porté sur le Cardinal BERGOGLIO a déjoué tous les pronostiques. Les noms des trois Cardinaux cités comme super favoris sont passés sous silence lorsque le Cardinal français Jean Louis Tauran dans son rôle de Protodiacre, a déclaré que le nouveau Pape s’appelle JORGE Mario BERGOGLIO.
Dès 17 heures, les caméras des télévisions, les appareils photographiques et des milliers de paires d’yeux humains scrutaient seconde après seconde la cheminée de la chapelle Sixtine où se tenait le conclave. C’est de cette cheminée que doit s’échapper la fumée par laquelle le public est informé si le nouveau pape est élu ou non. La veille, c’était une décevante fumée noire qui avait sanctionné une journée infructueuse. Les fidèles redoutaient ce mercredi une autre déception, sachant que les media avaient martelé que a démission de Benoit XVI était révélatrice d’une profonde division causée par des intérêts égoïstes de tous ou partie du collège des cardinaux. Cette division allait compliquer le travail du conclave devaient-ils prédire. Mais surprise. A 18h 06 minutes, une fumée blanche s’échappe de la cheminée, annonçant l’élection du successeur de Benoît XVI. Les cloches de la Basilique se mirent à annoncer aux Romains la bonne nouvelle. Et la foule des pèlerins a laissé éclater sa joie. « Vive le Pape, vive le Pape, » pouvait-on les entendre crier ou afficher sur les pancartes.
A 20h 10 minutes, l’élection est rendue publique par la très connue formule « Habemus Papam » prononcée par le cardinal Protodiacre français. Les rideaux rouges du balcon de la Basilique Saint-Pierre tombent à nouveau alors que d’ordinaire, le nouvel élu fait son apparition au balcon juste après l’annonce. Il s’est écoulé force minutes avant que les rideaux ne s’ouvrent à nouveau, dévoilant l’élu de Dieu, tout de blanc vêtu. Le nouveau Pape salue la foule venue de toutes les nations.
Face a ce public, l’ancien cardinal n’a pas pu cacher son émotion. « frères et sœurs, bonsoir.
Le devoir du conclave est de donner à Rome un Evêque mais il semble que mes frères cardinaux sont allés au bout du monde pour le trouver
», allusion faite à son pays d’origine l’Argentine.

Un conclave révolutionnaire

La renonciation de Benoit XVI intervenue le 28 février dernier inaugurait cette série de révolution qui allait s’enchainer. Depuis 1 300 ans, aucun Pape n’a renoncé à ses fonctions. Le dernier à le faire était le Célestin V. Comme ses prédécesseurs, Jean Paul/2 et Benoît XVI, le Cardinal BERGOGLIO est non italien, de surcroît il n’est pas européen. Il est le premier Argentin à être honoré de ce titre; c’est donc le premier pape du sud. Le nom François 1er qu’il s’est attribué est une autre première. Il est enfin le premier Pape issu de la très austère congrégation des Jésuites.

Les premiers actes du 266e Pape

Lors de sa première sortie, le Pape François 1er a invité la foule réunie au Vatican, et à travers elle tous les chrétiens à prier pour son prédécesseur, le désormais Pape Emérite Benoit XVI en retraite au Castle Gondolfo.
Un pape venu du Sud, cela traduit bien la nouvelle tendance de l’Eglise catholique qui doit sa force aux fidèles du Sud, notamment l’Amérique latine et l’Afrique qui comptent 56% des 1 200 000 des catholiques au monde.
Le cardinal BERGOGLIO qui va fêté son 77e anniversaire le 17 décembre prochain a été ordonné prêtre il y a 44 ans. Il est devenu cardinal en 2001.
Le pape est le chef de l’Eglise et de toutes les organisations qui émanent d’elle. Il est à ce titre le premier responsable de la Confédération Caritas Internationalis, la plate forme d’organisations catholiques œuvrant pour le secours et le développement.
Antoine Adoum GOULGUE, Le Blog du Secadev

Les images de la soirée du 13 mars